RÉFLEXIONS pour 2Co 10:18
Les chrétiens comme les représentants des religions les plus diverses aiment disserter sur l’humilité. On avance alors toutes sortes de critères de cet état spirituel, parfois assez compliqués. Paul, pourtant, en donne une définition simple et compréhensible : l’humilité est l’état de l’homme lorsque Dieu l’établit, et non lorsqu’il s’établit lui-même.
Le mot grec correspondant a plusieurs sens, mais son sens principal est lié à l’idée d’être établi sur un certain fondement, puis d’avancer. La question, on le voit, porte précisément sur ce fondement. L’humilité commence là et lorsque l’homme renonce à s’établir lui-même. Il ne s’agit pas de n’être sûr de rien, de vaciller sans cesse, incapable de choisir ou de prendre une décision. Il s’agit de savoir où l’homme trouve, pour parler en langage moderne, son appui existentiel. Ce sur quoi il s’appuie dans la vie.
Il n’est évidemment pas question de religion, ni d’une idéologie religieuse ou d’une doctrine de foi quelconque. Il est question du Dieu vivant. De ce « souffle de vie » que Dieu insuffle en chacun de nous lors de la création. Et de la mesure dans laquelle nous percevons ce souffle. De la mesure dans laquelle il devient une part de notre vie. De la mesure dans laquelle il la détermine.
Et, par conséquent, de la mesure dans laquelle nous nous appuyons sur lui, sur ce souffle de Dieu dans notre cœur. Idéalement, totalement ; alors la présence de Dieu devient une partie intégrante de chacun de nos choix, de chacune de nos décisions, de chacun de nos actes. Ici, il nous faut apprendre l’humilité : on ne peut percevoir ce souffle et la présence de Celui qui se tient derrière lui que lorsqu’on est prêt à accepter toute décision de Sa part et à entendre toute réponse de Sa part. À l’entendre et à faire ce qui est dit.
Voilà, au fond, ce qu’est l’humilité. Alors on peut être établi sur ce souffle et sur la volonté de Celui qui se tient derrière lui. Mais on peut aussi prêter peu d’attention à ce souffle, voire l’ignorer complètement. Alors il faudra chercher dans la vie un autre appui : dans ses capacités, ses possibilités, son statut social... les variantes sont nombreuses, mais elles ont toutes ceci en commun : tout cela est humain. Et s’appuyer sur cela signifie s’appuyer sur soi-même. C’est là que passe la frontière entre la communion avec Dieu et son absence. Car Dieu n’entrera pas dans la vie de celui qui ne Le cherche pas et ne L’attend pas. Alors l’homme reste avec ce qui est à lui, avec toutes les conséquences qui en découlent.
