RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1P 2:25

En parlant de la vie chrétienne et des chrétiens, Pierre compare le Sauveur à un surveillant ou à un gardien qui veille à la sécurité de ceux qui lui sont confiés. On peut bien sûr traduire le mot grec correspondant autrement, de façon plus «élevée», mais son sens premier est précisément celui-ci: gardien, surveillant, garde. D'ailleurs, aux temps évangéliques, il avait encore un autre sens.

À cette époque, il existait chez les Juifs des fraternités religieuses d'un genre particulier, dont les membres se réunissaient régulièrement pour des repas fraternels, généralement liés à telle ou telle fête (les plus fréquents étaient les repas du shabbat, le shabbat étant célébré chaque semaine). Dans ces fraternités, il y avait des serviteurs particuliers qui présidaient les assemblées (on les appelait en grec diacres), et des administrateurs spéciaux chargés de l'organisation de l'assemblée et du maintien de l'ordre pendant la rencontre. Cela était particulièrement important lorsque la fraternité était nombreuse, et l'on appelait ces serviteurs en grec évêques, c'est-à-dire surveillants.

C'est précisément ce mot que Pierre emploie pour Jésus dans sa lettre. À première vue, une telle désignation peut sembler étrange. En effet, dans la terminologie de l'époque, il aurait été plus logique d'appeler le Sauveur diacre, serviteur, chef de la communauté fraternelle (et l'Église des premiers chrétiens, par sa forme, était réellement une fraternité religieuse). C'était le serviteur-diacre qui présidait l'assemblée, rompait le pain, lisait la prière de bénédiction du pain et du vin.

Cependant, l'évêque avait encore une autre obligation, parmi d'autres: il devait se souvenir de tous les membres de la fraternité par leur nom et prendre soin d'eux. Si, par exemple, l'un des frères ne se présentait pas à l'assemblée pendant un temps assez long (habituellement un mois), c'était précisément l'évêque qui devait en découvrir la raison. Et s'il s'avérait que cette personne était malade ou avait d'autres problèmes, l'évêque devait organiser l'aide que la fraternité pouvait lui apporter.

L'évêque devait avoir à l'esprit non seulement les problèmes de la fraternité dans son ensemble, mais aussi les problèmes de chaque personne en particulier, et prendre soin des personnes concrètes qui avaient besoin d'aide. En appelant le Sauveur évêque, Pierre veut manifestement souligner ce dont Jésus lui-même a parlé plus d'une fois en caractérisant le sens de Son ministère: chacun de ceux qui peuvent être sauvés Lui importe. Chaque personne particulière avec tous ses problèmes. Car dans le Royaume, il n'y a ni masses ni collectifs. Il y a des personnes concrètes. Qui aiment le Christ et sont aimées de Lui.