RÉFLEXIONS pour 1Co 15:20-21 — le 17 novembre 2018

RÉFLEXIONS pour 1Co 15:20-21

Les Juifs croyants connaissaient la résurrection universelle bien avant la venue du Christ. Ils savaient que viendrait le jour du Jugement, et que tous ceux qui avaient jamais vécu sur la terre devraient revenir à la vie afin de se tenir devant Dieu et de répondre de la vie qu’ils avaient vécue. Ils connaissaient aussi le Royaume messianique, où les ressuscités deviendraient les voisins de ceux qui verraient la venue du Messie de leur vivant : au temps de Paul, on regardait le Royaume messianique comme le Royaume de Dieu, où le terrestre et le céleste sont unis, de sorte que les ressuscités, les justes miraculeusement rendus par Dieu à la vie, y deviendraient les voisins de ceux qui y entreraient sans avoir eu le temps de mourir.

Mais à cette époque on ne regardait pas le Messie comme le porteur du Royaume. Il n’en était que le Roi, tandis que le Royaume lui-même était établi par Dieu selon Sa volonté. Le Messie, quant à lui, était considéré par nature comme un homme ordinaire, à qui était donnée une vocation particulière : le ministère messianique. On ne devait pas nécessairement naître Messie ; on pouvait le devenir, de même que d’autres devenaient prophètes : Dieu appelait au service, et le prophète devenait ce qu’il devait devenir.

Paul parle pourtant d’un autre Messie, de Celui qui s’est révélé à lui sur le chemin de Damas. Ce Messie n’était pas simplement le Roi du Royaume établi par Dieu ; Il portait Lui-même ce Royaume en Lui, Il le portait depuis Sa naissance, qui elle aussi était inhabituelle. Un Messie contenant en Lui toute la plénitude du Royaume : c’était une image nouvelle, et rien de semblable n’existait dans le judaïsme traditionnel de l’époque évangélique.

L’image d’un tel Messie et d’un tel Royaume obligeait à regarder autrement les choses familières. Le Royaume entrait dans le monde non pas simplement comme une force extérieure, comme le souffle de Dieu, étranger dès l’origine au monde déchu comme à la nature humaine déchue. Il entrait dans le monde par un Homme qui ne diffère de chacun de nous que par le fait que Son humanité est parfaitement libre du pouvoir du péché.

Et les relations d’amour établies avec cet Homme ouvrent à chacun de nous la plénitude du Royaume, l’ouvrent humainement, de même que les relations d’amour nous unissent humainement à Lui. Ce sont précisément les relations humaines qui deviennent le fondement spirituel du Royaume, et Dieu y entre en les rendant divino-humaines. Ainsi la vie du Royaume devient notre vie, son histoire un fait de notre biographie spirituelle, et son triomphe notre salut.