RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Os 2:20

Dans la tradition yahviste, et plus tard judaïque, les relations entre Dieu et le peuple de Dieu étaient assez souvent assimilées aux relations familiales, conjugales. À première vue une telle approche peut sembler trop libre, presque sans respect : comme si on fait descendre Dieu jusqu'au niveau humain, presque au niveau du quotidien. Mais si on réfléchit, c’est notamment seulement ainsi qu’on peut garder l'union-alliance conclue sur Sinaï. En effet, les relations entre Dieu et un individu, tout comme entre Dieu et le peuple de Dieu, ne peuvent être complètes que dans le cas où elles seront informelles et inconditionnelles. Certes, dans les relations conjugales il y a une place aux formalités juridiques, les contrats de mariage sont aussi connus de l’Israël antique. Mais, comme on le sait, le contrat de mariage est tout de même conclu plutôt au cas du règlement des formalités patrimoniales et des autres formalités juridiques en cas de divorce.

Quand les relations entre les époux dans le mariage sont normales, ça ne vient à la tête de personne de demander à l'un ou l'autre l'observation d’un certain contrat : tout se résout par amour et consentement mutuel. La même chose s’applique à l'union entre Dieu et Son peuple, qui se répand sur chacun, qui fait partie de ce peuple : le Décalogue est bien sûr la condition de l'union, la violation consciente de n’importe quel commandement des dix commandements signifie sa rupture. Mais le Décalogue n’est pas juste un code moral, c’est la description du chemin menant à Dieu ou (en cas de la violation des commandements qui y sont contenus) éloignant de Dieu. Et comme la Torah en général, il devient actuel, comme dit l'apôtre Paul, notamment lorsque l’homme pèche, s’éloigne de Dieu, rompt les relations avec Lui. Selon les mots de l'apôtre, la Torah ne fait que donner la connaissance du péché. Il s’avère ainsi que dans les relations entre Dieu et l’homme, la loi devient actuelle lorsque tout va à la rupture des relations.

Quand les relations sont normales, la Torah s’avère à l’homme intérieurement organique, n’est pas perçue comme quelque chose limitant l’homme de l’extérieur. Et Osée parle de ces relations entre Dieu et Son peuple, qui rappellent les relations à l'intérieur d’une famille solide, ne nécessitant pas de réglementation formelle. En cela, entre autres, était pour le peuple et la seule chance au salut, pour que Dieu l'accepte : car l'union-alliance, si on parle de l’époque d’Osée, était violée déjà plus d'une fois, et maintenant il restait seulement à espérer que Dieu pardonnera Son peuple, tout comme pardonne le mari qui aime la femme infidèle, sans divorcer avec elle, bien qu’il a pour le divorce tous des droits et toutes les raisons.

Mais le pardon est possible seulement dans le cas où les relations du peuple avec Dieu se renouvelleront et retrouveront une nouvelle qualité spirituelle. Juste revenir en arrière, à ce qui était avant, est aussi impossible, comme il est impossible de coller les tessons de la vaisselle cassée. Et dans cet espoir il y a déjà un pressentiment du Royaume : car en entrant dans le Royaume, l’homme ne revient pas à cet état, qui lui était propre avant la chute, mais obtient quelque chose de nouveau et plus grand. Obtient la plénitude de la vie surpassant n'importe quel péché commis autrefois.