RÉFLEXIONS pour Lc 12:57
Les paroles du Sauveur adressées à des gens apparemment croyants obligent à réfléchir à ce que nous remarquons et à ce que nous ne remarquons pas. Ou plutôt, à ce que nous voulons remarquer et à ce que nous ne voulons pas remarquer. Aujourd’hui comme en tout temps, il y a eu beaucoup de gens, même des croyants, qui assuraient aux autres et à eux-mêmes, avec une sincérité plus ou moins réelle, qu’en matière de vie spirituelle ils faisaient, soi-disant, tout leur possible, mais que tout n’était pas en leur pouvoir, et que, s’il en était ainsi, que pouvait-on encore leur demander ? On ne peut pas sauter plus haut que sa tête. Pourtant Jésus, s’adressant aux gens qui L’écoutaient et exigeaient de Lui certains signes prouvant Sa messianité, leur conseille de prêter attention à eux-mêmes.
Le principe est simple : si vous vous connaissiez vraiment, leur dit Jésus, vous Me reconnaîtriez aussi, et vous n’auriez besoin d’aucun signe. Or dans l’état où se trouvaient ceux qui écoutaient le Sauveur, aucun signe ne leur aurait été utile. Il ne s’agit pas nécessairement ici du fait que les auditeurs de Jésus Le trompaient ou se trompaient eux-mêmes délibérément. Il pouvait aussi s’agir du fait que Ses auditeurs n’étaient pas, au sens spirituel, eux-mêmes.
Ils n’étaient pas leur vrai moi, de même que très souvent nous non plus ne sommes pas notre vrai moi. Nous ne vivons pas cette vie véritable que Dieu nous donne, et c’est pourquoi la vie du Royaume ne trouve pas de lieu où entrer en nous. En effet, notre vie naturelle, notre vie de créatures, est un courant qui vient de Dieu et qui est lié à Son souffle, à ce souffle de vie qui détermine notre existence d’êtres humains créés à l’image de Dieu. Et si nous ne permettons pas au courant de notre vie de couler librement, si nous l’enfermons dans des cadres que nous avons créés, cadres de nos théories, de nos concepts, de nos religions, alors le souffle du Royaume ne trouve pas non plus de lieu où entrer.
Pour vivre de la vie du Royaume, il faut d’abord devenir soi-même. Alors beaucoup de choses deviendront évidentes, alors qu’aucun miracle ne peut nous les prouver tant que notre vie ne coule pas librement. Voilà ce que dit Jésus à ceux qui exigent de Lui des preuves de Sa messianité : devenez vous-mêmes, et vous verrez tout par vous-mêmes. On ne peut imaginer meilleure preuve : toute preuve, par définition, vient de l’extérieur, tandis qu’il s’agit ici de ce qui vient de l’intérieur, de ce dont l’homme se convainc lui-même. Alors il n’a plus besoin d’aucun miracle : même sans eux, tout lui est clair.
