RÉFLEXIONS pour 2Co 1:12-22 — le 26 août 2016

RÉFLEXIONS pour 2Co 1:12-22

Au cours de Son ministère terrestre, on posa plus d'une fois à Jésus des questions pièges et on Lui proposa des exercices d'intelligence tirés des manuels de théologie existant alors. À ces questions pièges existaient bien sûr des réponses traditionnelles, autre question de savoir à quel point elles étaient convaincantes. Mais Jésus les utilise même elles pour témoigner du Royaume. C'est ce qui arriva avec la question qu'on Lui posa au sujet d'une femme qui s'était mariée de nombreuses fois ; il s'agit probablement ici de la coutume du mariage léviratique. Manifestement, les sadducéens, et avant tout les représentants du sacerdoce du Temple, utilisaient cet exemple pour réfuter la possibilité de la résurrection universelle, à laquelle croyait la Synagogue, et avant tout, bien sûr, les pharisiens. Il n'est pas difficile de voir que le principal malentendu était lié ici non à des subtilités théologiques, mais à une mauvaise compréhension du Royaume et de sa nature. Et Jésus, sans entrer dans aucune subtilité théologique, attire l'attention de Ses interlocuteurs précisément sur ce point. Il leur dit directement : vous ne comprenez ni l'Écriture ni la manière dont Dieu agit dans le monde. Et Il ajoute : dans le Royaume de Dieu, on ne se marie pas et on ne donne pas en mariage, mais on demeure comme les anges dans les cieux. Réponse remarquable. Il ne reste qu'à comprendre comment, précisément, les anges « demeurent dans les cieux ». Mais ici Jésus, semble-t-il, ne donne à Ses interlocuteurs aucune information supplémentaire. Une seule chose est claire : cela ne ressemble pas au mode de vie dans le monde non transfiguré. Et l'enjeu n'est pas d'essayer de comprendre ce que peuvent être les relations conjugales dans le Royaume. L'enjeu est de comprendre que cela ne ressemble à rien de ce qui se passe dans notre monde non transfiguré, et de ne pas essayer d'extrapoler les lois de ce monde non transfiguré au Royaume. Or, à en juger par la question proposée à Jésus, de telles extrapolations étaient chose habituelle dans la théologie juive des temps évangéliques. Jésus, semble-t-il, propose à Ses interlocuteurs de se détourner des clichés qui leur étaient propres. Et pas tant pour eux-mêmes, car ils posaient cette question seulement pour Le « coincer », que pour ceux qui les entouraient, puisque la conversation était publique. Il fallait faire comprendre à ceux qui étaient là que le Royaume n'est en réalité pas du tout tel qu'ils se l'imaginent. Au moins pour ceux qui peuvent et veulent entendre.