RÉFLEXIONS pour Dn 4:1-34 — le 2 novembre 2015

RÉFLEXIONS pour Dn 4:1-34

On ne sait pas avec certitude si l'événement décrit dans le livre de Daniel s'est produit dans la vie du Nabuchodonosor historique, s'il a réellement souffert de la maladie mentale décrite ici avec tant de détails. Ceux qui en souffrent ont effectivement le sentiment d'être des animaux et se comportent en conséquence. Aujourd'hui encore, cette maladie est très difficile à traiter, et dans l'Antiquité on ne savait pas du tout la soigner. L'auteur du livre indique cependant une cause spirituelle de la maladie : elle frappe l'homme lorsqu'il détruit entièrement toute relation consciente avec Dieu, se considérant comme le centre de l'univers et tenant son pouvoir pour absolu. Nabuchodonosor se voyait sans doute lui aussi de cette manière.

Mais tout cela était certainement vrai d'Antiochos Épiphane, qui se prenait sérieusement pour un dieu et souffrait de troubles psychiques assez évidents pour ses contemporains. On pourrait dire que l'histoire de Nabuchodonosor dans le livre de Daniel s'adresse précisément à Antiochos Épiphane — ainsi qu'à ceux qui, peut-être, restaient perplexes devant le comportement étrange et souvent inadapté du roi, devant ses ordres fréquemment absurdes, dont beaucoup souffraient, y compris les Juifs croyants.

Le diagnostic médical est évidemment différent pour Nabuchodonosor et pour Antiochos, mais le diagnostic spirituel est le même, et l'auteur du livre veut manifestement attirer l'attention de ses lecteurs sur ce fait précis. L'homme qui défie Dieu court inévitablement à l'échec, et le châtiment lui vient non de l'extérieur, mais de lui-même. Pour le dire simplement, il cesse d'être humain au sens biblique du terme, perdant en partie cette image de Dieu qui fait de l'homme un homme. La perte du pouvoir n'est qu'une conséquence de la perte de l'image de Dieu chez le souverain. C'est ainsi que l'auteur du livre de Daniel voit l'état spirituel du souverain qui s'exalte lui-même.