RÉFLEXIONS pour Ac 3:1-8; Jn 7:12-22
Tout le monde — les pèlerins venus pour la Pâque, les prêtres, les pharisiens — s’accommodait du commerce animé qui se déroulait autour du Temple de Jérusalem. Les cris des animaux destinés aux sacrifices couvraient-ils les chants du Temple ? Que faire ? Au moins pouvait-on toujours acheter ces animaux. On n’allait tout de même pas demander au pèlerin de les amener de chez lui, parfois à des centaines de kilomètres... Les changeurs, en marchandant avec leurs clients, se disputaient-ils et criaient-ils au point de faire fuir même les saints ? C’était triste, bien sûr, mais il fallait bien échanger les deniers contre des drachmes et inversement... À vrai dire, personne n’approuvait tout ce vacarme dans les parvis du Temple, mais tous le supportaient comme un mal inévitable, une sorte de tribut au tempérament oriental.
À vrai dire, les Juifs pieux toléraient tout cela moins par indifférence que parce qu’ils attendaient avec ferveur la venue du Messie. Par les prophètes, le Seigneur avait plus d’une fois dénoncé avec colère le manque de révérence d’Israël. Les paroles citées par Jésus, « Ma maison sera appelée maison de prière, mais vous en avez fait une caverne de brigands », appartiennent au prophète Jérémie et furent prononcées six cents ans avant les événements décrits par l’Évangile. Mais une conviction était répandue en Israël : le Messie, qui viendrait bientôt, organiserait le service du Temple et, pour ainsi dire, « mettrait de l’ordre ». En accomplissant cette purification, le Seigneur agit précisément comme ce Messie attendu depuis des siècles. C’est bien ainsi que les Juifs interprètent Son geste, et c’est pourquoi ils Lui demandent un signe.
On ne peut cependant manquer de remarquer que le dialogue entre les Juifs et le Seigneur se déroule sur un ton élevé, et que les Juifs réagissent avec une certaine hostilité au geste du Christ. Cela tient probablement au fait que le Seigneur appelle les choses par leur nom. Ses paroles, « Ne faites pas de la maison de Mon Père une maison de commerce », ne s’inscrivent nullement dans les limites de la tolérance et de l’indulgence envers l’iniquité et l’irrévérence. Il est important de le voir, car de nos jours, si quelqu’un nous parle de ce que nous appelons avec douceur les « désordres » de notre vie spirituelle et ecclésiale, nous réagissons exactement comme les Juifs de ce temps-là, en avril de l’an 27. La peur et le manque d’assurance dans l’amour de Dieu rendent ce genre de vérité très blessant pour les hommes. Il est utile de s’en souvenir et de le remarquer en soi, afin de ne pas ressembler à ces Juifs.
