RÉFLEXIONS pour Jr 10:1-25
La force passionnée de la prédication du prophète découle en grande partie de l'opposition entre la vérité et le mensonge, qui touchent le cœur même de l'homme. Il ne s'agit pas de préférer telle religion ou tel système d'idées et de valeurs à un autre, ni de choisir entre tel ou tel « dieu ». À côté de la réalité absolue du Dieu d'Israël, toute alternative religieuse apparaît non seulement comme un mensonge, mais comme la plus absurde des absurdités. À notre époque de tolérance religieuse, où les gens normaux (Dieu merci !) ne s'entretuent pas parce qu'ils appartiennent à des confessions différentes, il nous est parfois difficile de comprendre cette passion. Nous pouvons dire que le prophète simplifie les croyances des « païens », que ceux-ci ne considéraient évidemment pas l'idole de bois comme la divinité elle-même, mais seulement comme son image, et ainsi de suite... Mais le fait est que le prophète se souciait moins que tout d'une analyse savante de telles ou telles représentations religieuses. Il était déchiré par la contradiction entre la voix de la Vérité qui parlait en lui—la Vérité devenue pour lui la réalité la plus objective—et le vide et l'horreur du culte rendu à autre chose qu'à Dieu : entre la vérité et le mensonge.
