RÉFLEXIONS pour Ba 4:20 — le 27 juillet 2011

RÉFLEXIONS pour Ba 4:20

Que veut dire le prophète lorsqu'il affirme avoir « ôté son vêtement de paix » ? D'après le sens du mot grec correspondant, il s'agit du vêtement qu'il portait habituellement aux jours de prospérité. Cet usage reflète les particularités non pas du grec, mais de l'hébreu ou de l'araméen, où les notions de « paix » et de « prospérité » s'expriment par le même mot. Se tenir devant Dieu est, bien sûr, toujours un événement dans la vie d'une personne. Mais il existe manifestement des circonstances particulières où cela devient une question de vie ou de mort. Cela se produit lors de catastrophes naturelles ou de bouleversements sociaux. Il ne s'agit pas seulement du fait qu'en de tels temps il est plus difficile de garder confiance en Dieu que durant les jours de prospérité. Il s'agit aussi du fait qu'une personne qui se confie en Dieu ne peut généralement pas ne pas comprendre que ce qui arrive n'est pas fortuit, que Dieu, lorsqu'Il permet une catastrophe, ne la permet pas sans raison. Tenter de se tourner vers Dieu pour changer la situation ressemble alors à une tentative de convaincre un roi irrité d'annuler un châtiment qu'il estime pleinement mérité. Bien sûr, Dieu diffère d'un roi à cet égard, avant tout parce qu'Il ne cherche pas Lui-même à compliquer la vie de qui que ce soit. En pareil cas, tout le châtiment se réduit essentiellement à la non-intervention de Dieu dans la situation qui se développe : les hommes se chargent eux-mêmes fort bien du châtiment — lequel est cependant loin d'être toujours juste — en faisant preuve d'une ingéniosité qui ne saurait réjouir leur Créateur. Mais Dieu a manifestement toutes les raisons de ne pas intervenir ainsi, s'Il adopte cette position. La personne qui Lui demande d'intervenir assume par là même la responsabilité de ceux pour qui elle prie. Elle se porte en quelque sorte garante de ceux en faveur desquels elle demande une intercession, promettant à Dieu en leur nom qu'ils changeront, et changeront au point qu'Il ne détournera plus son regard avec colère en voyant leur vie et leurs actes. Une telle démarche exige confiance et détermination. Et la foi en ceux pour qui l'on prie.