RÉFLEXIONS pour Mt 18:18 — le 22 mai 2004

RÉFLEXIONS pour Mt 18:18

Le Seigneur Jésus-Christ parle de cela pour la première fois aux disciples en Mt 16:19. Là, à l'Église, en la personne de l'apôtre Pierre qui vient de confesser le Christ comme Fils du Dieu vivant, est donné le pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu : pardonner les péchés des hommes. Ici de nouveau, le Seigneur Jésus donne à ses disciples, première communauté chrétienne, le pouvoir de pardonner les péchés et souligne que le pardon donné par l'Église s'accomplit non seulement sur la terre, mais aussi au ciel, c'est-à-dire dans l'éternité.

Il est compréhensible et logique que ce que Dieu accomplit au ciel se reflète dans la vie terrestre des hommes. Mais ici nous voyons que le Seigneur a voulu établir dans l'Église un autre lien : ce qu'elle accomplit ici s'étend jusqu'au ciel. L'Église transmet aux hommes le pardon divin, et le péché confessé dans le sacrement ecclésial de la pénitence est pardonné ; il n'existe plus.

Habituellement, nous pensons que le Seigneur parle du pouvoir comme d'un droit ou d'une capacité, d'une force de donner le pardon. Mais lui-même parle d'une nature toute différente du pouvoir dans le Royaume des Cieux. Ses paroles doivent plutôt être comprises ainsi : il confie à l'Église un ministère dont l'essence est de transmettre son pardon. C'est le sens même de l'existence de l'Église et de ses sacrements, car par les mains des apôtres, c'est le Christ lui-même qui donne ce pardon.

Ces paroles ont encore un sens très important : le temps terrestre de notre vie est inestimable ; nous ne pouvons bâtir des relations avec les hommes qu'ici, tant qu'il y a du temps. Tant que nous vivons sur la terre, nous pouvons essayer de réparer quelque chose, pardonner et rouvrir notre coeur aux personnes qui nous ont offensés, demander nous-mêmes pardon à ceux que nous avons offensés. Nous mourrons avec le « capital » spirituel que nous aurons accumulé. Et si nous mourons avec le non-pardon dans le coeur, comment pourrons-nous être dans le Royaume du pardon et de l'amour ?