RÉFLEXIONS pour Jos 5:1-15; Jos 6:1 — le 3 novembre 2026

RÉFLEXIONS pour Jos 5:1-15; Jos 6:1

Le livre de Josué conserve de nombreux événements semi-légendaires ou carrément légendaires, et ce fait ne dérange pas du tout l'auteur de l'Hexateuque. Et ce n'est pas surprenant : des époques héroïques comme celle décrite dans le livre engendrent toujours des légendes, qui deviennent sinon une partie de l'histoire elle-même, du moins un élément indissociable de sa perception aux yeux des contemporains, et souvent des descendants.

Parfois, une légende ne reflète que les particularités de la perception des événements ordinaires de l'histoire terrestre, tandis que parfois, derrière elle se cache une expérience spirituelle si inhabituelle qu'elle ne peut être conservée dans la mémoire collective du peuple autrement que sous la forme d'une légende ; l'écrivain sacré transmet de telles légendes avec une certaine retenue, comprenant que le reflet de la réalité spirituelle sous une forme légendaire est rarement tout à fait adéquat. C'est précisément ce genre de mention retenue qu'est la description de l'apparition de l'armée angélique à Josué (dans le texte, elle est appelée « armée de Yahvé », « armée de l'Éternel »). Une telle apparition témoignait de toute évidence : Dieu n'a pas abandonné Son peuple, Il marche avec Son armée angélique en avant, conduisant derrière Lui ceux qui se préparent à entrer dans la terre promise déjà à Abraham. L'écrivain sacré mentionne également la tradition selon laquelle le man (« manne ») a cessé de tomber du ciel immédiatement après l'entrée dans la Terre Promise — l'Exode est achevé, le peuple est sur sa terre, que Dieu lui a donnée, et maintenant c'est elle qui le nourrira. Tout cela souligne en quelque sorte : l'Exode, en tant qu'étape déterminée du chemin historique et spirituel du peuple, est achevé, c'est maintenant la prochaine étape qui l'attend — l'étape de la conquête de la terre, et le chef du peuple lors de cette nouvelle étape sera Josué, à qui s'est révélée la présence de l'armée de Yahvé.

Le prologue de la nouvelle étape mentionnée fut la circoncision, dont parle l'écrivain sacré. Il est difficile de dire pourquoi et dans quelle mesure ce rite, tout à fait traditionnel chez les Juifs à cette époque, s'est retrouvé oublié, si un tel oubli était lié ou non aux nouvelles conditions de vie dans lesquelles le peuple s'est retrouvé. Une seule chose est claire : la conquête de la terre aurait été impossible sans un essor religieux de masse, et en période d'un tel essor, tout ce qui a trait à la religion commence à être traité avec un sérieux particulier. Bien sûr, la circoncision n'est qu'un signe de l'alliance-pacte conclue avec Dieu, elle ne garantit pas encore une vie spirituelle accomplie en elle-même, mais l'accomplissement massif de ce rite au début de la campagne de conquête, inspirée par Dieu et dirigée par Josué, était de toute évidence lié à un désir de renouveau spirituel et religieux, sans lequel il ne pouvait être question d'aucune conquête de la terre.

Bien sûr, aucun essor de masse, aucun enthousiasme religieux n'est durable et stable, mais c'est une autre histoire.