RÉFLEXIONS pour Za 6:1-15
La série de visions du prophète Zacharie s'achève sur une nouvelle image destinée à marquer le début d'une ère différente, radicalement différente de la précédente, dans l'histoire spirituelle d'Israël et de toute l'humanité. Le prophète voit des chevaux, symbole de la puissance militaire du monde antique. Les chevaux étaient utilisés presque exclusivement pour la guerre : les voyageurs pacifiques et les marchands se contentaient de chameaux et d'ânes. Le bruit des sabots partout dans l'Ancien Orient était associé à l'avancée rapide des armées de conquérants. Récemment encore, Israël et tout l'Orient avaient éprouvé la puissance des troupes babyloniennes. Avant cela, les Assyriens étaient venus en Palestine depuis le nord, et après eux les Babyloniens sous la direction de Nabuchodonosor avaient soumis toute la terre. Mais Babylone elle-même a été contrainte d'ouvrir ses portes aux armées des Perses venues du nord. Le nord, où le prophète voit le mouvement des chevaux mystérieux, était depuis longtemps devenu pour les Israélites un signe de malheur, le pays d'où vient le conquérant.
Mais l'Ange avec lequel parle Zacharie lui révèle qu'il y avait aussi un autre sens dans ce mouvement infini et rapide des armées. Toutes venaient sur la terre d'Israël parce que le peuple de Dieu s'était détourné de son Créateur. Embourbé dans le paganisme et divisé par la violence quotidienne, il se retrouvait impuissant face aux ennemis. Seul le retour à Dieu pouvait sauver le peuple. Ainsi, involontairement, les conquérants devenaient un instrument servant à la purification spirituelle et morale d'Israël. Les « quatre esprits », comme l'Ange appelle les chevaux vus par le prophète, rappellent ce dont le Seigneur avait parlé au prophète Jérémie avant la captivité babylonienne : les conquérants sont un instrument de colère et de purification dans Sa main, qui dirige le cours de l'histoire. Et voici que le prophète voit que ces chevaux retournent à leur place, pour ne plus troubler le peuple élu. La menace extérieure est passée, et désormais d'autres voies mènent à l'accomplissement des desseins du Tout-Puissant.
À la suite de cela, le Seigneur ordonne à Zacharie d'accomplir une action prophétique pour exprimer l'essence de la révélation. De nombreux prophètes ont eu recours à des actions de ce genre, en particulier les prédécesseurs de Zacharie — Jérémie et Ézéchiel. C'est Ézéchiel qui, parlant des exilés à Babylone, s'est tourné vers l'image de la fonte de l'argent. Le Seigneur a dit par son intermédiaire que le métal précieux de la foi et de la force d'esprit du peuple de Dieu serait fondu et purifié de ses scories dans la fournaise des calamités et de la captivité. Et voici qu'à la génération suivante, Zacharie doit prendre de l'or pur et de l'argent apportés par les rapatriés de Babylone, et en fondre une couronne symbolique. Le choix de ce matériau précis doit exprimer que la purification prédite par Ézéchiel s'est accomplie.
Mais ce n'est pas un roi que le prophète couronnera de cette couronne : il doit orner la tête du grand prêtre Josué. En couronnant le grand prêtre, qui a pris une part active à la restauration du Temple, le prophète annonce la grande promesse de Dieu : « voici un Homme, — dont le nom est GERME, Il germera de Sa racine et bâtira le temple du Seigneur. Il bâtira le temple du Seigneur et Il recevra la gloire, Il s'assiéra et dominera sur Son trône ; Il sera aussi sacrificateur sur Son trône, et le conseil de paix sera entre les deux ». Ces paroles rappellent la promesse faite à David, donnée par l'intermédiaire du prophète Nathan, selon laquelle son descendant, le Germe de sa racine, bâtirait le véritable Temple de Dieu. Mais ces paroles de Zacharie ne sont pas moins liées aux paroles du Seigneur Jésus-Christ : « Détruisez ce temple, et en trois jours Je le relèverai ». L'image du Corps du Christ comme véritable Temple de Dieu s'avère être profondément enracinée dans la prédication des prophètes.
Le couronnement du grand prêtre Josué devient ainsi le signe que le Messie à venir unira effectivement en Lui-même le sacerdoce et la royauté, et ouvrira pour Israël et toute l'humanité une ère nouvelle. En revenant au début du chapitre, on peut dire que dans cette ère de la Nouvelle Alliance, ce ne seront plus les événements de l'histoire, cruels et aveugles, qui seront les instruments menant au salut, mais le Seigneur Lui-même deviendra le Libérateur des hommes.
