RÉFLEXIONS pour 2Co 5:1-10
Toute la vie de Paul est centrée sur l'espérance de quelque chose de très lointain. Quel original ! Quelle personne normale subordonnerait son existence à l'attente d'on ne sait quelle demeure dans les cieux ? Éternelle, certes, mais quand donc viendra-t-elle…
Il est naturel à l'être humain de chercher à satisfaire ses besoins aussi vite et aussi concrètement que possible. Si quelqu'un souffre, si on l'a blessé ou si ses relations familiales vont mal, il ne veut qu'une chose : que cela aille mieux au plus vite. Et, à ce moment-là, le péché peut paraître tout à fait justifié. Comme l'astucieux petit cochon Naf-Naf, nous construisons des maisons de briques qui nous protègent du loup. Mais ces mêmes murs solides nous protègent aussi de Dieu.
Lui faire confiance et, « gémissant sous le fardeau », attendre la récompense et la joie d'un autre monde, et donc orienter nos intentions et nos actes non vers la satisfaction de nos propres désirs, mais vers l'accomplissement de la volonté de Dieu : voilà le chemin de la sainteté. Mais c'est un chemin difficile, coûteux, qui exige courage et foi. Renoncer à tant de choses ici-bas, en croyant simplement que là-bas il nous sera donné infiniment davantage… Facile à dire.
On peut penser que chacun de ceux qui suivent ce chemin a éprouvé plus d'une fois un vif désir d'abandonner. L'apôtre Paul a peut-être, lui aussi, connu des moments de tentation. Mais ils ne pouvaient ébranler son ardent désir de Dieu, qui a préparé pour Ses enfants « une demeure éternelle, non faite de main d'homme », une demeure où il n'y aura ni tristesse, ni maladie, ni gémissement. Aussi, vivant dans un monde dont il ressent vivement la mortalité, Paul ne cherche-t-il qu'une chose : être agréable à Dieu, afin de ne pas être privé de la vie avec Lui.
Il est des moments où Dieu se laisse percevoir comme si immense et si beau, si fort et si tendre qu'en comparaison tous les problèmes, les échecs et les soucis quotidiens deviennent petits et insignifiants, retrouvant la place qui leur revient. Il importe de ne pas laisser se perdre de tels moments ; que leur souvenir nous soutienne lorsque la demeure de briques de nos désirs nous semblera de nouveau plus attirante qu'une demeure dans les cieux.
