RÉFLEXIONS pour Jos 3:1-17 — le 31 octobre 2026

RÉFLEXIONS pour Jos 3:1-17

Le troisième chapitre du livre de Josué témoigne assez clairement qu'il faisait autrefois partie de l'ensemble que les biblistes appellent habituellement l'Hexateuque, achevant le récit de l'Exode et de l'acquisition par le peuple de la terre promise par Dieu à Abraham et à ses descendants. Le parallèle est ici manifeste avec la traversée de la mer Rouge, ou plus exactement de la mer des Roseaux, racontée dans le livre de l'Exode. Josué est présenté comme celui qui poursuit l'œuvre de Moïse : devant lui, Dieu écarte les eaux du Jourdain comme Il avait autrefois écarté les eaux de la mer des Roseaux devant Moïse.

Certains biblistes considèrent le texte du troisième chapitre comme un texte rituel et supposent qu'il est lié à quelque sanctuaire ancien, peut-être celui-là même qui fut construit en souvenir de la traversée du Jourdain et du début de la conquête du pays. Par la suite, ce sanctuaire perdit son importance comme centre religieux, et ses pierres sacrées ne furent plus considérées que comme un monument ancien rappelant des temps glorieux depuis longtemps révolus. Il est évident qu'une procession rituelle du genre décrit dans ce chapitre, avec le transport solennel du Tabernacle et de l'Arche à travers le fleuve, n'était possible qu'après la conquête : une telle procession aurait difficilement pu se dérouler en toute sécurité sous les yeux de l'ennemi.

Mais cela importe peu ici : l'écrivain sacré ne compose pas simplement une histoire, mais une histoire sainte. En commençant le récit de la conquête par la description d'un rite ancien et en intégrant à son texte des formules rituelles, l'auteur veut dire que nous n'avons pas affaire à de simples nomades qui envahissent un territoire étranger pour le conquérir : c'est le peuple de Dieu qui marche vers la terre que Dieu lui a promise. Certes, Dieu n'est pas partisan de la guerre ; en ce sens, il n'y a pas de guerres « saintes ». Mais Dieu doit ouvrir un chemin à Son peuple, y compris à travers la guerre, si cela s'avère nécessaire. La guerre n'est jamais l'œuvre de Dieu, mais un chemin à travers la guerre et, au-delà, vers le but peut l'être, s'il n'existe pas d'autre voie.