RÉFLEXIONS pour Za 1:1-17; Za 2:1-4
Le prophète Zacharie, dont nous commençons aujourd'hui la lecture du livre, vécut à la fin du VIe siècle avant Jésus-Christ. Le livre qui porte son nom comprend deux parties nettement distinctes, peut-être composées par des personnes différentes. Les huit premiers chapitres sont dus à un homme de noble naissance nommé Zacharie, venu de Babylone à Jérusalem avec les premières caravanes d'exilés de retour au pays. Selon la tradition, il vécut longtemps et mourut à Jérusalem, membre du Grand Conseil, le Sanhédrin. La seconde partie du livre est due, selon une hypothèse, à un prophète anonyme ayant vécu environ deux siècles plus tard, au tournant des IVe et IIIe siècles avant Jésus-Christ. Une telle composition complexe des livres bibliques est un phénomène assez courant, caractéristique de la littérature religieuse de l'Antiquité en général.
La première partie du livre de Zacharie fut écrite peu après le retour de captivité, au moment où l'on construisait un nouveau Temple à Jérusalem. Les Juifs revenus de Babylone, sous la conduite de leurs chefs, Zorobabel, prince de la lignée de David, et le grand prêtre Josué, rebâtissaient la ville en ruines et le pays tout entier. Leurs efforts suscitaient la fureur des peuples voisins, mécontents de voir les Juifs réinstallés sur leur terre ; presque la même chose se produirait ici deux millénaires et demi plus tard. Mais les rapatriés eux-mêmes n'étaient pas unis : beaucoup pensaient qu'il fallait d'abord restaurer la puissance économique et militaire du pays, puis seulement entreprendre le renouveau religieux. Seul le soutien du roi perse Darius permit aux chefs des Juifs de commencer malgré tout les travaux.
C'est dans ce contexte que le Seigneur proclame par Zacharie Sa parole de miséricorde et de consolation. La vision de l'Ange du Seigneur révèle au prophète que Dieu « se tourne vers Jérusalem avec compassion », que la ville sera restaurée et que le Temple redeviendra le lieu de la présence de l'Invisible. Mais la miséricorde de Dieu ne ressemble pas à l'attitude des rois d'Orient envers leurs vizirs favoris : dès le début du chapitre, le Seigneur dit que Sa miséricorde ne peut être reçue automatiquement. Elle exige que les hommes se tournent vers Dieu : « Tournez-vous vers Moi, et Je Me tournerai vers vous », dit le Seigneur. La parole de Dieu transmise par Zacharie appelle les Juifs à tirer les leçons spirituelles de l'histoire de la captivité. La captivité et la dévastation du pays apparaissent de nouveau comme le résultat direct du péché humain, ainsi que l'avaient annoncé les prophètes de l'époque préexilique. Que tout se soit déroulé exactement comme le Seigneur l'avait annoncé par leur intermédiaire devient le sceau confirmant la vérité de la révélation prophétique. Et maintenant, dit le prophète, Dieu attend que le peuple se tourne vers Lui, pour que la consolation du Seigneur devienne une réalité et que l'arbre abattu d'Israël reverdisse.
Le prophète dit que les événements tragiques du siècle ne correspondent pas à la volonté de Dieu, mais que cela tient au fait que, dans l'histoire, Dieu agit par les hommes. « Alors que Je n'étais qu'un peu irrité, ils ont aggravé le mal » : c'est l'exemple d'un phénomène très répandu, lorsque des hommes qui cherchent, inconsciemment ou même consciemment, à accomplir la volonté du Créateur le font à leur manière. Combien de fois cherchons-nous à détruire quand Dieu ne veut que corriger ! C'est précisément ce qu'Israël dut subir à l'époque de la captivité babylonienne. Mais désormais, le Seigneur parle d'une nouvelle époque historique où les hommes seront guidés non par la colère de Dieu, mais par la manifestation de Sa miséricorde.
