RÉFLEXIONS pour Col 2:16-17 — le 26 octobre 2026

RÉFLEXIONS pour Col 2:16-17

Au temps de Paul comme par la suite, diverses opinions se sont exprimées dans l'Église au sujet du rite et de son rôle dans la vie ecclésiale. La plupart de ceux qui prenaient la vie spirituelle au sérieux en venaient à conclure qu'on ne pouvait lui donner la première place. Mais est-ce seulement de cela que parle Paul ? Car, au fond, il qualifie d'ombre des choses à venir toute la religiosité juive de son époque, tandis qu'il ne donne le nom d'Église, au sens propre, qu'au Corps du Christ.

Faut-il donc en conclure que la religiosité n'a pas sa place dans l'Église ? Cette question est sans doute un peu trop catégorique. Il serait plus juste de demander : quelle religiosité pourrait trouver sa place dans l'Église ? Et en quoi pourrait consister son rôle ? Pour Paul lui-même, il est évident que l'Église n'est pas une communauté religieuse, de même que le christianisme n'est pas une religion. Le Royaume est le Royaume : aucun cadre religieux ne peut le contenir.

Mais il existe aussi des formes dont le monde non transfiguré a besoin. Le Royaume lui-même, bien sûr, n'en a pas besoin. Elles sont cependant nécessaires lorsque le Royaume entre dans notre monde par l'Église : le monde lui-même en a besoin pour se faire au moins une idée de ce qu'il est impossible de représenter adéquatement dans le cadre d'une réalité non transfigurée. C'est ici précisément que le langage religieux vient à notre aide : de tous les langages culturels, c'est lui qui se prête le mieux à l'expression et à l'incarnation de la révélation reçue de Dieu. Voilà pourquoi, tout au long de notre époque, celle du Royaume qui vient, l'Église parle au monde dans un langage religieux. Mais elle investit les images et les symboles religieux de sens nouveaux, qui se rapportent non plus à la vie religieuse, mais à la vie du Royaume.

C'est apparemment dans ce sens précis que Paul qualifie les éléments de la tradition religieuse de son temps d'ombre des choses à venir — de ce qui doit entrer dans le monde avec le Christ. Pour Paul lui-même, le langage de sa tradition religieuse était sa langue maternelle : tout ce qu'il a dit du Messie, du Royaume et du salut a été dit dans cette langue. Pourtant, il est très important de ne pas confondre l'instrument qui permet d'atteindre le but, si important soit-il, avec le but lui-même : c'est ce que Paul nous rappelle.