RÉFLEXIONS pour Lc 5:12-16 — le 13 octobre 2026

RÉFLEXIONS pour Lc 5:12-16

Le lépreux dont la rencontre avec le Seigneur Jésus est racontée dans le passage de l'Évangile de Luc que nous lisons aujourd'hui fait preuve à la fois d'audace et d'humilité. Selon la Loi, il n'a le droit ni de s'approcher des gens, ni même d'entrer dans les lieux habités. La lèpre étant une maladie contagieuse, la Loi prescrivait de couper tout contact entre le lépreux et le reste du monde. Outre l'aspect médical, toucher un lépreux ou même ses affaires était considéré comme une souillure, une source d'impureté rituelle. Pourtant, il est venu en ville, malgré le risque d'être lapidé, parce qu'il lui était vital de rencontrer le Maître de Nazareth. Au fond, c'était sa seule chance, son unique espoir, car on ne savait pas soigner la lèpre ; mais l'histoire d'Israël connaissait des cas de guérison obtenue par la prière des prophètes.

Voici donc ce lépreux qui traverse la ville en essayant de ne pas attirer l'attention, et qui parvient enfin jusqu'à Jésus. Ici, l'audace n'a plus sa place : dans la plus profonde prosternation possible, il tombe face contre terre devant Jésus et dit : « Si Tu le veux, Tu peux me purifier. » Le sens précis de la phrase grecque est : « Si Tu le veux, Tu as le pouvoir de me purifier. » Pour que s'accomplisse cette guérison miraculeuse et incroyable, il ne faut que la volonté, le désir de Jésus — rien de plus. Le lépreux confesse ainsi que Jésus est Quelqu'un de plus grand qu'un simple maître ou prophète : il confesse Sa toute-puissance.

Il semble que seuls les apôtres aient été témoins de cette scène ; autrement, un scandale aurait inévitablement éclaté. Le Sauveur aurait dû quitter précipitamment cette petite ville si des pharisiens avaient vu ce qu'Il avait fait : pour tout maître, tout rabbi, parler à un lépreux aurait déjà été une souillure, et n'importe quel pharisien l'aurait d'abord chassé de la ville. C'est précisément pourquoi le lépreux dit « si Tu le veux » : il reconnaît humblement que son geste désespéré est contraire à la Loi. Mais Jésus Se penche — car le lépreux est toujours étendu à terre — et le touche de Sa main ! Ce geste est une icône étonnamment expressive de la miséricorde de Dieu. Comme dans une goutte d'eau, toute la Révélation du Nouveau Testament s'y reflète. Et ces paroles de Jésus, au fond si simples et ordinaires, « Je le veux, sois purifié », résonnent à cet instant comme les commandements du Tout-Puissant aux premiers jours de la création : « ...car Il a parlé, et cela fut ; Il a commandé, et cela advint » (Ps 33:9). L'humilité, l'espérance confiante et l'audace du lépreux deviennent alors une image de notre salut.