RÉFLEXIONS pour Lc 5:1-11
Nous tendons vers Dieu et cherchons à entrer en communion avec Lui dans la prière. Cet élan de l'âme vers Dieu est si beau que peu de mots sur terre sont capables de le décrire. Mais pouvons-nous délibérément, par notre propre volonté, nous priver de cette communion ? Réfléchissons-y. Imaginons que nous ne nous permettions tout simplement pas d'aller à la liturgie. Cette seule pensée nous révolte : comment pourrions-nous nous interdire d'y participer lorsque des ailes invisibles nous y portent ?
C'est pourtant précisément ce que fait Pierre en s'écriant : « Éloigne-Toi de moi, car je suis un homme pécheur. » Un épisode très proche dans son esprit, présent dans trois Évangiles, est l'histoire de la guérison du serviteur du centurion, ou de son fils dans l'Évangile de Jean. Avec la même humble conscience de son indignité, le centurion ne permet pas à Jésus d'entrer dans sa maison. C'est paradoxal. Le Seigneur Lui-même veut venir chez toi et tu ne veux pas Le recevoir ? C'est inimaginable.
Avec le temps, cependant, on commence à comprendre que la véritable communion avec Dieu consiste précisément dans cet humble refus de Lui imposer notre compagnie. Très souvent, lorsque nous sommes dans une sorte d'euphorie de la proximité de Dieu et que nous essayons involontairement de l'intensifier, car cet état est si beau, nous finissons par tomber dans la tentation et nous égarer.
Mais peut-être qu'une telle retenue dans la communion n'est que notre devoir, tandis que le Seigneur miséricordieux et parfait, lorsqu'Il donne, donne « grâce sur grâce », comme le dit l'Évangile de Jean, et envoie tant de poissons que les filets se déchirent.
