RÉFLEXIONS pour Mc 8:11-21
De toute évidence, les disciples de Jésus n'ont pas compris Ses paroles sur le levain ou, plus exactement, ils les ont comprises à leur manière, de façon tout à fait inadéquate. Le Sauveur a dû leur rappeler le récent miracle de la multiplication des pains pour qu'ils comprennent qu'Il ne parlait pas de ce qu'ils avaient imaginé.
À première vue, on pourrait croire que les apôtres n'ont simplement pas compris l'allégorie employée par leur Maître. Mais ce n'était probablement pas tout. D'une part, on pourrait dire que les apôtres avaient réellement oublié le miracle de la multiplication des pains ; d'autre part, ils pensaient sans doute que de tels miracles ne pouvaient pas se reproduire continuellement.
Par « le levain des pharisiens et des sadducéens », ils entendaient sans aucun doute le levain lui-même et rien d'autre. Autrement dit, ils continuaient à penser selon les catégories de leur vie ancienne, les catégories du monde non transfiguré : un monde où les miracles se produisent, certes, mais seulement à titre d'exception, et où il faut vivre selon les lois de ce monde non transfiguré en s'efforçant uniquement d'éviter, autant que possible, une transgression directe de la Torah, des commandements donnés par Dieu.
C'est ainsi que les disciples comprirent les paroles du Sauveur sur le levain : ils ne pouvaient désormais plus avoir de rapports ni avec les sadducéens ni avec les pharisiens. Mais alors, conclurent-ils à juste titre, ils n'auraient nulle part où se procurer du pain. Jésus, cependant, parle de tout autre chose : du levain spirituel, de ce qui nourrit spirituellement l'homme qui cherche le Royaume. Or il apparaît que la nourriture spirituelle que peuvent lui proposer ceux qui vivent principalement ou exclusivement de religion ne lui convient pas.
En effet, maintenant que le Royaume, selon les paroles du Sauveur, « s'était approché » et était prêt à commencer sa marche transfigurante à travers notre monde, celui qui désirait prendre part à sa vie ne pouvait pas se limiter à ce que la religion pouvait lui offrir, fût-elle la plus profonde spirituellement et la plus systématiquement élaborée. La plénitude du Royaume n'entre dans le cadre d'aucune religion terrestre, ce qui n'a rien d'étonnant puisque toute religion est l'œuvre des mains et de l'intelligence humaines. Jésus appelle donc Ses disciples à se nourrir directement de la vie du Royaume, en y prenant part par Lui-même : c'est la seule manière de participer à la vie du Royaume.
