RÉFLEXIONS pour Ez 44:1-31
La porte sera fermée après que le Seigneur l'aura franchie pour entrer dans le Temple. Elle ne sera nullement fermée pour L'empêcher de ressortir : ce ne sont pas de pareilles ruses naïves qui peuvent Le retenir. L'interdiction d'entrer par la même porte que le Seigneur souligne la distance incommensurable entre Ses voies et les voies humaines. Mais, bien que nous soyons incapables de marcher dans Ses voies, nous pouvons Le suivre.
La première pensée qui vient à l'esprit après avoir lu les paroles du Seigneur interdisant au fils de l'étranger d'entrer dans le sanctuaire est qu'il s'agit ici des étrangers. Nous nous rappelons alors les mesures qu'Esdras prendra, après son retour à Jérusalem, pour séparer les gens selon leur origine. Mais faut-il réduire le sens de ces paroles à cette seule lecture « factuelle » ? Ne devenons-nous pas tous semblables au « fils de l'étranger » qui fait irruption dans le sanctuaire lorsque nous refusons de voir nos péchés et que, fiers de notre propre piété, nous nous mettons à prier ?
Le commandement d'enseigner au peuple à distinguer le sacré du profane peut paraître si élémentaire et si naturel qu'il est même surprenant de le voir expressément souligné. Pourtant, cette simple instruction recèle une différence importante entre la conception biblique des prêtres et la perception païenne des serviteurs de l'autel comme une caste sacerdotale élevée au-dessus du peuple et fondamentalement différente des « profanes ». Bien que les prêtres du Seigneur soient eux aussi mis à part du milieu du peuple pour un ministère particulier, ils restent une partie du peuple et en sont inséparables. Moïse n'a pas donné des lois différentes aux laïcs et au clergé : l'unique Loi de Moïse, comprenant aussi bien les règles de conduite que l'ordre du culte, a été donnée au peuple tout entier. Le devoir des prêtres est donc de partager avec le peuple ce qui leur a été confié, et non de dissimuler un « savoir sacré », comme le font les païens et les occultistes.
