RÉFLEXIONS pour Is 43:1-28 — le 18 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Is 43:1-28

À première vue, le passage d'aujourd'hui paraît paradoxal : Dieu, qui ramène le reste de Son peuple sur la terre de ses pères (versets 1–7), lui reproche sa trahison et son apostasie, comme s'Il n'arrivait pas tout à fait à pardonner à ceux qui, semblait-il, étaient déjà devenus en exil le peuple nouveau qu'ils devaient devenir (versets 23–24 ; 26–28). Pourtant, une lecture plus attentive permet de trouver aisément la réponse dans le texte : il s'avère que le peuple n'a aucun mérite dans tout ce qui arrive (versets 23–25). En exil, il ne pouvait effectivement être question d'aucun sacrifice, que Dieu n'exigeait d'ailleurs pas (versets 23–24). La seule chose demandée aux fidèles durant cette période était de ne pas empêcher Dieu d'agir par leurs péchés. Mais, comme on le voit (verset 24), même cela leur réussissait mal, si tant est que cela leur réussît.

Une telle prédication a certainement dû produire l'effet d'une douche froide sur les rapatriés auxquels elle s'adressait. Ils étaient absolument convaincus d'avoir fait tout ce qui était nécessaire pour devenir ce reste même dont avaient parlé les prophètes d'avant l'exil. C'est d'ailleurs ce que pensaient tous ceux qui, à Babylone, avaient conservé la foi des pères. Quant à ceux qui, après le décret de Cyrus, avaient décidé de partir en Judée pour reconstruire la ville et le Temple, ils se considéraient, pour ainsi dire, comme le « reste du reste » : ils étaient partis seuls, les autres étaient demeurés, et ceux qui voyageaient ne doutaient probablement pas un seul instant que, si le Messie ne venait pas à leur rencontre sur le chemin même de la Judée, Il ne tarderait certainement pas à venir une fois qu'ils seraient arrivés en Judée.

Et bien sûr, ils attribuaient toutes leurs victoires non seulement à Dieu, mais aussi à eux-mêmes. C'étaient des gens religieux ordinaires, et la conscience religieuse a toujours eu tendance à considérer la religion comme un domaine où appliquer les forces humaines au même titre que n'importe quel autre, à cette seule différence que, dans ce domaine, ces forces doivent être appliquées d'une manière particulière et selon des règles particulières. C'est pourquoi, dans la religion comme partout ailleurs et à toutes les époques, il a existé des conceptions du succès et de l'échec, de ceux qui sont en avance et de ceux qui sont en retard, et naturellement des résultats obtenus par tel ou tel militant dans ce champ d'action.

Les rapatriés en route pour la Judée étaient persuadés d'avoir beaucoup accompli. Mais Isaïe ne se contente pas de minimiser leurs accomplissements : il les réduit purement et simplement à néant. Parlant au nom de Dieu, il affirme qu'ils n'ont absolument rien fait pour Dieu et qu'ils L'ont seulement empêché d'agir, tandis que Lui a tout accompli Lui-même. Ainsi, non seulement leur retour triomphal sur la terre des pères, mais eux-mêmes, avec tous leurs accomplissements religieux, ont été entièrement créés par Lui. La vérité s'est révélée amère, mais sans la reconnaître il était impossible d'entrer dans le Royaume. Car on le reçoit gratuitement, et non en vertu de ses mérites.