RÉFLEXIONS pour Lc 8:1-3
Le ministère terrestre du Sauveur était lié à des déplacements qui, bien que peu longs (la Palestine est petite), étaient constants. On pourrait bien sûr dire qu'il s'agissait d'un mode de vie assez habituel pour un prophète, et beaucoup considéraient Jésus comme tel. Mais avant tout, ce choix était naturellement dicté par la nécessité de prêcher le Royaume qu'Il avait apporté dans le monde.
Son entourage, à ce que l'on peut comprendre, se partageait en deux groupes : les uns prêchaient et cheminaient avec Lui ; les autres—il s'agit surtout des femmes—restaient chez eux et servaient Jésus, comme le dit l'Évangéliste, de leurs biens. Cette répartition était bien entendu due avant tout à la nécessité d'avoir, sinon une maison (dès le moment où Jésus commença à prêcher, Il n'eut plus de demeure terrestre jusqu'à la fin de Son ministère terrestre), du moins un endroit où Il pouvait séjourner quelque temps.
Mais ce n'était probablement pas la seule raison : déjà à cette époque, pendant Son ministère, devait apparaître dans le monde cet espace du Royaume que les assemblées ecclésiales deviendraient par la suite. Bien sûr, avant la Pentecôte, on ne pouvait encore parler de l'Église au plein sens du terme. Pourtant, les maisons où l'on attendait le Sauveur et où Il tenait Ses réunions en devenaient la préfiguration.
Le Royaume était naturellement partout où Jésus posait le pied. Pourtant, certaines maisons où l'on pouvait Le rencontrer donnaient au Royaume des contours terrestres précis. Cela était important—non pas, bien sûr, pour le Sauveur Lui-même, mais pour ceux qu'Il voulait sauver. Il en fut de même, plus tard, pour l'Église avec les maisons où se tenaient les assemblées eucharistiques. Elles devenaient en effet la préfiguration de cette maison dont Jésus Lui-même a dit, lors de la Cène, qu'elle comporte de nombreuses demeures—assez pour tous.
