RÉFLEXIONS pour Mt 22:35-46 — le 13 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Mt 22:35-46

Les interlocuteurs de Jésus ne se lassent pas de mettre à l'épreuve Sa connaissance de toutes sortes de subtilités théologiques et rabbiniques. La question du principal commandement de la Torah faisait précisément partie de ces épreuves. Les maîtres de la Torah avaient beaucoup débattu de son sens central et des commandements qu'il fallait y considérer comme fondamentaux. La tradition juive a conservé l'histoire d'un homme qui vint trouver Hillel, l'un des maîtres les plus célèbres de l'époque hellénistique, et lui dit qu'il deviendrait son disciple si Hillel parvenait à lui expliquer l'essence de la Torah pendant le temps où il pourrait se tenir sur une jambe. Hillel répondit : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. Tout le reste n'est que commentaire. Va et étudie. » À l'époque de l'Évangile, cet enseignement était manifestement déjà connu de tous, et les pharisiens décidèrent de vérifier si Jésus connaissait la tradition correspondante. En réponse, Il leur propose une question à laquelle on ne peut répondre qu'en lisant attentivement l'Écriture sainte et en méditant son sens, et non en répétant simplement les paroles d'autrui, si pleines de sagesse soient-elles.

Il attire l'attention de Ses interlocuteurs sur le fait que le Messie, qui selon les textes sacrés comme selon les représentations communément admises doit être fils de David, Se révèle être Celui à qui le psalmiste s'adresse en L'appelant son « seigneur ». Le mot hébreu correspondant, comme son équivalent grec, peut se traduire par « Seigneur » ou par « seigneur », et le texte hébreu du psaume suggère plutôt le second sens. Jésus fait manifestement ici allusion à la tradition prophétique, et surtout au Livre d'Isaïe, où le Messie est présenté comme Celui dont l'origine remonte « aux jours de l'éternité ». Mais la tradition juive du temps de l'Évangile n'avait pas relevé ce lien. De telles connotations étaient tout à fait inattendues pour les interlocuteurs de Jésus et, ne sachant que penser ni que répondre, ils se taisent. Sans nier l'importance et, dans certains cas, l'utilité de la tradition, le Seigneur donne néanmoins la première place à la capacité de relire un texte familier d'un regard neuf et de le voir sous un angle nouveau et inattendu.

Il ne s'agit évidemment pas seulement d'apprendre à jouer avec les significations contenues dans un texte. Il s'agit d'apprendre à voir dans le familier ce qui était jusque-là passé inaperçu. Le Royaume, lui aussi, entre dans le monde comme une réalité nouvelle, parfois cachée derrière ce qui est habituel. Savoir discerner cette nouveauté dans le familier, c'est donc aussi savoir voir le Royaume entrer dans le monde, dissimulé pour un temps derrière les réalités d'un monde qui n'est pas encore transfiguré.