RÉFLEXIONS pour 1Co 10:14-22
Revenant au thème des aliments offerts aux idoles, Paul envisage maintenant la situation du point de vue de ce que représente la fraction du pain pour les habitants du Royaume et donc pour l'Église. L'apôtre comprend évidemment très bien qu'il ne s'agit pas d'un simple symbole. Pour lui, le sens de la fraction du pain ne tient pas au fait que des personnes partageant les mêmes idées ou la même foi se réunissent à une même table pour prendre part à un repas sacré. Elle n'est pas une démonstration de ses opinions ou de sa foi, même si la fidélité au Christ ressuscité va évidemment de soi. La fraction du pain est ce qui, sur le plan spirituel, fait de l'Église l'Église : un seul corps spirituel vivant d'une même vie avec le Ressuscité (v. 16–17). C'est pourquoi la participation aux cultes païens, à « l'idolâtrie », est inadmissible pour un chrétien (v. 14–15). En parlant ainsi, Paul se réfère aussi à l'expérience d'Israël en tant que peuple de Dieu, où cela avait toujours été considéré comme une apostasie (v. 18).
Il ne s'agit pas de dire que ces cultes acquerraient soudain par eux-mêmes une quelconque puissance (v. 19). Il s'agit des hommes qui préfèrent s'adresser à des esprits créés, aux « démons », plutôt qu'à Dieu, qui a tout créé, y compris ces esprits eux-mêmes (v. 20–21). Aucun esprit ne possède par lui-même de pouvoir sur l'homme, mais il peut en recevoir si l'homme se tourne de lui-même vers lui et préfère une relation avec lui à la relation avec Dieu. Il est impossible de concilier l'une et l'autre, car il s'agit de relations qui saisissent l'homme tout entier. Il faut donc choisir, et le choix doit être sans équivoque afin de ne pas « provoquer le Seigneur » (v. 21–22).
L'apôtre considère manifestement les relations avec les esprits de la même manière que les relations avec les hommes : aucun « démon » ne peut, par lui-même, causer un dommage spirituel à l'homme, pas plus qu'aucun être humain ne le peut. Tout dépend uniquement de la relation de l'homme avec ceux qui se trouvent auprès de lui, qu'il s'agisse d'esprits ou d'êtres humains.
