RÉFLEXIONS pour Mc 6:1-6 — le 10 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Mc 6:1-6

Il n'existe qu'un seul véritable obstacle entre l'être humain et Dieu : la défiance. Plus exactement, les obstacles sont nombreux, mais celui-ci seul se révèle vraiment insurmontable. Tout le reste peut être surmonté - sinon par l'homme, du moins par Dieu - grâce à l'effort conjoint de deux volontés qui cherchent à se rencontrer. La défiance, en revanche, est insurmontable précisément pour Dieu : si l'homme s'y obstine, le mur entre lui et Dieu devient absolu.

Dieu pourrait entrer dans la vie d'un homme et même dans son cœur sans lui demander son accord, mais une telle irruption le détruirait comme personne libre, comme image de Dieu. Ne voulant pas cette issue, Dieu, si l'homme ne lui fait pas confiance, se retire simplement et quitte l'espace vital de celui qui ne veut pas le voir - ou qui ne veut le voir que tel qu'il souhaite le voir. Bien sûr, personne ne peut voir Dieu tel qu'il est.

Il existe pourtant une différence essentielle entre les limites naturelles de l'être humain et celles qu'il se choisit arbitrairement. Le Dieu que l'homme est capable de voir est une chose ; le dieu qu'il se représente en est une autre. Dans l'état déchu, il n'est pas toujours facile de les distinguer. L'image commode d'un « dieu » commode entrave souvent la communion avec Dieu davantage encore qu'un refus ouvert ou qu'un péché manifeste. Il en va de même du Christ : celui qui ne veut pas voir le Christ dans le Christ ne voit en lui que celui qu'il a l'habitude de rencontrer dans la vie.

Ce danger est particulièrement grand dans son pays d'origine : là, on « connaît » Jésus particulièrement bien et, à en juger par le récit de l'évangéliste, personne ne compte remettre ce savoir en question. Cela se comprend : il faudrait alors reconsidérer sa propre vie et sa relation avec cet Homme que l'on croyait connaître depuis longtemps. Il est plus simple de tout laisser en l'état et de ne pas s'en préoccuper. C'est précisément ce désir de ne rien changer qui ne laisse aucune place au miracle - ni au Royaume.