RÉFLEXIONS pour Mc 5:1-20 — le 8 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Mc 5:1-20

La lecture d'aujourd'hui nous raconte comment Jésus guérit un homme dont le nom n'est pas mentionné dans l'Évangile et dont le récit dit qu'il était possédé par le diable (v. 2). Tout cela se passait sur la rive orientale du lac de Génésareth, en face de la rive galiléenne, au sud de la région appelée dans l'Évangile la « Décapole », c'est-à-dire les « Dix Villes » (v. 20). À l'époque évangélique, elle était principalement peuplée de Syriens et de Grecs, qui avaient construit les villes qui s'y trouvaient ; mais il y avait naturellement aussi des communautés juives.

Extérieurement, le comportement du possédé ressemblait beaucoup à celui d'une personne atteinte de maladie mentale. Il subissait manifestement de fréquentes crises graves (v. 3–5), à cause desquelles il ne pouvait vivre parmi les hommes. Il souffrait peut-être aussi d'un délire de persécution qui le poussait à se cacher dans les tombeaux, appelés « sépulcres » dans le récit évangélique, où il passait apparemment la plupart de son temps (v. 3). En Orient, on enterre encore aujourd'hui les morts dans de tels tombeaux. Il s'agit d'une grotte naturelle ou artificielle creusée dans le rocher, où l'on dépose le défunt après avoir oint son corps d'une huile spéciale et l'avoir enveloppé dans un tissu particulier. Dans l'Antiquité, ces lieux étaient considérés comme impurs, et celui qui avait dû s'y rendre devait ensuite accomplir des rites particuliers de purification avant de pouvoir participer à la vie ordinaire. Ceux qui, en raison de leur activité ou pour d'autres raisons, étaient contraints de fréquenter constamment les tombeaux étaient des exclus de la société. Aucun homme sain d'esprit ne se serait naturellement condamné à une telle vie sans nécessité extrême.

Il faut dire que, dans l'Antiquité, on ne distinguait pas toujours la maladie mentale de cet état spirituel qu'est la possession. D'autre part, la possession se manifeste assez souvent extérieurement précisément comme une maladie mentale. Quoi qu'il en soit, il est évident que Jésus délivre cet homme d'un grave malheur dont personne d'autre ne pouvait le libérer. Sa délivrance de la possession fut pour tous une surprise totale. Le récit de cette libération, comme celui de Celui qui avait délivré le malheureux, se répandit naturellement rapidement dans les environs, de sorte que le nom de Jésus devint connu non seulement en Galilée, mais aussi dans les villes de la Décapole.