RÉFLEXIONS pour Jr 32:1-25 — le 8 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Jr 32:1-25

Les prophètes prophétisaient souvent non seulement par la parole, mais aussi par l'action. Aux yeux de leur entourage, de tels actes paraissaient assez souvent pour le moins étranges. L'achat d'un terrain dans une ville assiégée semblait précisément de cette nature. Il était évident pour tous que la ville était condamnée, bien que l'on préférât ne pas le dire à haute voix. Pourtant, Jérémie effectue cet achat sur l'ordre de Dieu précisément comme un acte prophétique. Dans le contexte de tout ce que le prophète avait dit du peuple et de son avenir, le sens de ce geste était parfaitement clair : Jérémie confirmait ainsi une fois de plus que le pays et le peuple avaient un avenir, mais pas du tout celui qu'espéraient, en dépit de la situation, nombre d'habitants de la ville assiégée.

Ils espéraient un miracle semblable à celui qui s'était produit près d'un siècle et demi auparavant, lors du siège assyrien, lorsque la ville fut sauvée par une intervention miraculeuse de Dieu. Jérémie disait clairement qu'il ne fallait pas attendre un tel miracle. Cela se comprend : lors du siège précédent, toute la ville priait, jeûnait et se repentait, tandis que maintenant, alors que l'armée babylonienne s'était approchée des murailles, rien de semblable ne se produisait.

L'espoir d'un miracle subsistait, mais les gens étaient pour une raison quelconque convaincus qu'il se produirait de lui-même, sans effort de leur part. Cette assurance reposait en partie sur une forme de présomption nationale et religieuse : les habitants savaient que Jérusalem était la ville de Dieu, que s'y trouvait l'unique Temple de Yahvé sur terre, et qu'ils pouvaient donc dormir tranquilles, car le Seigneur ne permettrait sûrement pas que Sa maison soit profanée et détruite. Jérémie ne conseillait pas aux habitants de Jérusalem d'espérer que Dieu défendrait leurs péchés à cause de Sa maison. La ville était condamnée, et le prophète n'allait pas le cacher à ses concitoyens.

Jérémie savait aussi autre chose : le peuple avait malgré tout un avenir. Mais il fallait le chercher non dans le passé, en s'accrochant à un mode de vie qui disparaissait et que Dieu avait déjà rejeté, mais dans l'avenir, cet avenir qui devait encore être créé. Il fallait le créer avant tout en comprenant ce qui s'était passé, en se repentant des péchés commis et en se tournant de nouveau vers Dieu, que le peuple avait en réalité abandonné tout en Lui restant formellement fidèle. Alors on vendrait et on achèterait de nouveau des terres à Jérusalem. La terre serait rendue au peuple auquel Dieu l'avait destinée, mais pas avant que ce peuple ne devienne véritablement celui de Dieu, non en paroles, mais en actes.