RÉFLEXIONS pour Jr 30:1-24
La prophétie de Jérémie sur l'avenir du peuple semble compléter la lettre qu'il écrivit aux habitants de Jérusalem déportés à Babylone. Il y détruit tous les espoirs des exilés de rentrer bientôt chez eux, les avertissant que la captivité sera longue. Et voici maintenant une prophétie qui donne de l'espérance, la prophétie d'une nouvelle époque historique et spirituelle qui attend le peuple. Bien sûr, rien ne se produira de soi-même. Rien ne réussira sans repentance, sans reconsidérer ce qui a été accompli et se repentir des péchés, sans se tourner de nouveau vers Dieu. Mais cette prophétie comporte aussi un autre aspect, providentiel : il s'agit des desseins de Dieu.
Il devient alors particulièrement clair que, si le peuple de Dieu possède quelque avenir, quelque chance d'une nouvelle vie historique, c'est uniquement parce qu'il demeure une partie de Son dessein. S'il en avait été autrement, l'histoire du peuple juif se serait achevée là-bas, en Babylonie, après la défaite de Juda, de même qu'un peu plus de deux siècles avant la captivité babylonienne, dix des douze tribus s'étaient dissoutes dans l'Empire assyrien après la chute du Royaume du Nord. Telle est la particularité du monde déchu : le péché y est absolu, tandis que la justice y est relative. Une fois commis, le péché—qu'il soit celui d'une personne ou de tout un peuple—entraîne une chaîne de conséquences qu'il est impossible d'interrompre dans les limites de ce monde déchu.
Avec la venue du Christ, la situation change radicalement, mais, à l'époque de Jérémie, près de six siècles séparaient encore le monde de Son Incarnation. Dans ces conditions, la chance d'une nouvelle vie historique pour le peuple, même après la repentance et la conversion, ne pouvait être accordée que comme un miracle de Dieu, comme Son intervention directe dans le cours des événements. Mais un tel miracle n'est possible qu'en réponse à la conversion, ce que Jérémie rappelle à ses contemporains.
