RÉFLEXIONS pour Lc 5:33-39 — le 4 septembre 2026

RÉFLEXIONS pour Lc 5:33-39

Comme on le voit, l'attitude de Jésus envers le jeûne, comme envers toute tradition religieuse en général, a toujours été très éloignée du formalisme religieux sans lequel beaucoup de Ses interlocuteurs ne concevaient pas leur vie. Bien sûr, dans certains cas, le jeûne est important et nécessaire, et Jésus ne s'opposait nullement en principe à cette pratique. Il s'agissait d'autre chose : tout élément de la tradition religieuse devait servir la formation et le développement spirituels de la personne. En effet, le jeûne, au moins dans les traditions yahviste et juive, supposait toujours la tristesse et le deuil. Il pouvait s'agir d'un deuil familial pour un parent décédé, d'un deuil public lié à des événements douloureux ou tragiques d'importance générale, ou enfin d'un deuil pendant les jours de repentance, individuelle ou communautaire, et parfois même nationale, comme ce fut le cas, par exemple, lors du siège de Jérusalem par l'armée assyrienne au VIIIe siècle av. J.-C. Mais, dans tous les cas, le jeûne avait un contenu concret et toujours un sens bien déterminé.

Or, à l'époque évangélique, et surtout dans le milieu pharisien, le jeûne était devenu en grande partie, sinon une formalité, du moins une obligation purement religieuse. Tous savaient qu'un croyant devait se repentir de ses péchés et s'en affliger. Afin d'ordonner cette pratique religieuse, les chefs spirituels de la fraternité pharisienne avaient établi un jeûne obligatoire auquel étaient consacrés deux jours précis de chaque semaine, sans compter les jours de deuil particuliers observés chaque année. Il était naturellement possible, si on le souhaitait, de prolonger le temps d'abstinence ; mais le réduire et renoncer aux deux jours de jeûne hebdomadaires prescrits n'était pas exactement interdit, mais passait pour extrêmement impie. Un tel refus aurait presque certainement suscité au moins des questions étonnées, ce qui arriva précisément aux disciples de Jésus.

Jésus ne cherche même pas à donner d'explication religieuse à leur refus de jeûner. Ses arguments concernent exclusivement la vie spirituelle : si Ses disciples n'ont maintenant aucune raison de s'affliger et ne songent à aucune repentance parce qu'Il est Lui-même avec eux, alors le jeûne n'a ni sens ni nécessité. Lorsque le sens et la nécessité apparaîtront, son temps viendra aussi. Il y a un temps pour toute chose, déterminé par la logique non des prescriptions religieuses, mais de la vie spirituelle, comme c'est toujours le cas dans le Royaume.