RÉFLEXIONS pour Rm 12:1-2 — le 30 août 2026

RÉFLEXIONS pour Rm 12:1-2

En parlant de la vie chrétienne et des ministères dans l'Église, Paul met en évidence l'essentiel qui les unit tous : le renouvellement spirituel de l'être humain. La personne elle-même doit devenir un sacrifice offert à Dieu, et cela n'est possible que par le « renouvellement de l'intelligence ». Aucun autre ministère ne peut être considéré comme raisonnable du point de vue chrétien.

En effet, le christianisme n'est pas une religion, mais la vie avec le Christ dans Son Royaume. Tout le reste, y compris n'importe quel ministère, n'est qu'une manière et une forme de cette vie. Et l'Église n'est pas une organisation religieuse, mais le Corps du Christ, comme l'appelle l'apôtre, l'espace spirituel des relations qui unissent les fidèles au Christ. La tâche principale de l'Église est précisément de rester un tel espace, le Corps du Christ.

Et tout ministère exercé par n'importe quel membre de l'Église, s'il s'agit bien sûr d'un véritable ministère, n'est possible que dans le contexte de ses relations avec le Christ et comme forme d'existence de telles relations. On pourrait dire que tout ministère ecclésial est, d'une part, une manière pour le chrétien d'exister au sein du Corps du Christ et, d'autre part, une forme sous laquelle ce Corps se manifeste dans la vie du chrétien. C'est pourquoi le « renouvellement de l'intelligence » demeure la tâche principale dans tout ministère.

Dans ses épîtres, Paul appelle souvent intelligence ce que d'autres livres bibliques nomment le cœur : le « moi » spirituel de l'être humain, le noyau et le fondement de sa personnalité. C'est là que se détermine qui et ce qu'une personne sera devant Dieu et les hommes, car c'est là que se trouve la source de la volonté humaine et donc de toutes ses intentions, qui déterminent le contenu de sa vie spirituelle. La Torah intérieure est enracinée précisément là, dans l'intelligence telle que Paul la comprend. Et c'est seulement à partir de là que peut commencer la transformation de la personne en sacrifice vivant, afin que son ministère devienne raisonnable du point de vue chrétien.

En effet, dans le yahvisme, le sacrifice était la principale forme de communion avec Dieu. Le sacrifice était sanctifié sur l'autel par la présence de Dieu qui y demeurait, puis sanctifiait à son tour chacun de ceux qui en mangeaient en participant au repas sacrificiel. De même, les chrétiens sont appelés à la sanctification afin de porter le Royaume dans le monde et de le sanctifier par leur présence. Demeurer sanctifié et ne pas perdre cet état est la tâche principale du chrétien, et on ne peut le préserver que par la prise de conscience de sa propre vie, impossible sans le renouvellement de l'intelligence dont parle l'apôtre.

La tâche principale du chrétien est d'apprendre à exister dans le Royaume, dans la présence de Dieu qui sanctifie le monde, et de devenir un instrument de cette sanctification. Tout le reste, tous les ministères ecclésiaux, ne sont que des formes et des manières de cette existence. À condition, bien sûr, qu'ils soient raisonnables.