RÉFLEXIONS pour Lc 22:39-71 — le 28 août 2026

RÉFLEXIONS pour Lc 22:39-71

Ce qu'il y a de plus remarquable dans le récit de l'arrestation et de l'interrogatoire de Jésus, c'est que personne parmi ceux qui y prennent part, hormis bien sûr Jésus Lui-même, ne comprend vraiment ce qui se passe. Les disciples ont l'impression d'assister au début d'une insurrection manquée, qui s'est achevée avant même d'avoir commencé. Pierre, le plus résolu, est prêt au combat et tente même de l'engager, mais la réaction du Maître le déconcerte complètement, tout comme les autres disciples. Ils ne comprennent ni ce qui se passe ni ce qu'ils doivent faire ensuite. Finalement, ils se dispersent tout simplement : il ne leur reste rien d'autre à faire puisque tout est perdu.

Pierre suit le Maître, mais désormais sans aucun espoir, uniquement pour voir ce qui va Lui arriver. S'il Le renie si facilement, c'est précisément parce que plus rien n'a d'importance pour lui. Tout est fini : quelle différence cela fait-il maintenant qu'il ait été avec Jésus ou non ? Il serait vraiment absurde de souffrir pour avoir participé à une insurrection qui n'a jamais eu lieu. Seul le chant du coq ramène Pierre à la réalité : à la véritable réalité, où les relations ont une importance absolue et où rien n'est encore terminé, mais où tout ne fait que commencer.

Quant au grand prêtre et à son entourage, ils n'en comprennent guère davantage. Pour eux aussi, Jésus n'est que le chef d'une insurrection messianique manquée, dangereux tant qu'Il est vivant. Toutes les accusations sont manifestement fabriquées et la procédure judiciaire n'est pas respectée : de toute évidence, on veut simplement se débarrasser de Lui.

Mais Lui accomplit Son œuvre : Il apporte au monde le Royaume qu'Il doit y introduire. Il prend soin de Ses disciples sans s'appuyer sur eux. Il ne prête aucune attention aux moqueries et aux outrages. Et Il ne cherche pas à Se défendre lors du « procès », non seulement parce qu'il s'agit précisément d'un « procès » entre guillemets, mais aussi parce que, dans ce cas, Il n'aurait pu Se défendre qu'en renonçant à accomplir la tâche suprême pour laquelle Il était venu dans le monde. Et Il poursuit Son chemin, jusqu'à la croix. Dans le monde déchu, il n'existe pas d'autre voie pour Lui.