RÉFLEXIONS pour 2Co 10:1-3 — le 26 août 2026

RÉFLEXIONS pour 2Co 10:1-3

En parlant de lui-même et de son ministère, Paul cherche à dissiper les idées erronées qui circulaient à son sujet parmi les chrétiens de Corinthe. Ce n'est probablement pas sans ironie qu'il prononce de telles paroles : l'apôtre semble avoir ici à l'esprit les propos qui se tenaient dans l'Église de Corinthe et qui lui étaient parvenus alors qu'il se trouvait encore en Macédoine.

On peut supposer que ces propos venaient de ceux que Paul avait dénoncés, sans les nommer, dans sa première épître aux chrétiens de Corinthe. Ils avaient probablement été enhardis par le fait que l'apôtre avait décidé de ne mentionner personne nommément dans sa lettre. Ils ont apparemment attribué cela à l'indécision de Paul et espéraient qu'en les rencontrant face à face, l'apôtre n'oserait pas les réprimander ouvertement devant toute l'Église.

Mais Paul explique tout autrement sa prétendue timidité. Il dit clairement que son but n'est ni de remporter une dispute ni de triompher publiquement de ceux qui le dénoncent, car il ne recherche pas de telles victoires au sens humain ordinaire du terme. Paul n'en a nul besoin : selon sa propre expression, il « ne combat pas selon la chair ». Lors d'une rencontre personnelle, il pourrait bien sûr être aussi ferme que dans ses épîtres. Mais la tâche de l'apôtre n'était pas de démontrer son pouvoir sur les esprits, mais de résoudre les questions auxquelles l'Église de Corinthe était confrontée. S'il signale les problèmes de l'Église de Corinthe dans son ensemble comme ceux de certains de ses membres, ce n'est pas pour le seul plaisir de faire des reproches, et encore moins pour s'affirmer lui-même, mais parce qu'il est impossible de les résoudre autrement.

Il est tout à fait possible que la retenue de l'apôtre, que certains prenaient pour de la timidité, ait été précisément due à sa crainte de nuire par une sévérité excessive. En effet, des paroles dures lues sur le papier, même s'il s'agit d'une lettre adressée personnellement à celui qui la lit, affectent tout de même l'âme moins douloureusement que les mêmes paroles prononcées lors d'une rencontre face à face. Or la première réaction provoquée par une vive douleur intérieure empêche souvent le lecteur ou l'auditeur de saisir le sens des paroles qui lui sont adressées, car la douleur l'obscurcit tout simplement. Alors les paroles de réprimande peuvent ne plus être un remède, mais un poison mortel qui, au lieu de guérir spirituellement la personne, peut la détruire. Cette personne peut ainsi être perdue pour le Royaume, dans le meilleur des cas pour un temps et dans le pire pour toujours. Il n'est pas étonnant que l'apôtre soit très prudent dans ses paroles, surtout lors d'une rencontre personnelle, car sa tâche n'est pas de détruire le Royaume, mais de l'édifier.