RÉFLEXIONS pour 2 Кор 8:13-15
Paul propose une règle simple : l'aide ne doit être un fardeau pour personne, de telle sorte que les uns s'appauvrissent en la donnant tandis que les autres seraient soutenus au prix de la ruine de ceux qui les aident. En toutes choses, dit l'apôtre, il doit y avoir un juste équilibre. Il ne s'agit évidemment pas de tout partager en parts égales, mais que chaque communauté donne autant qu'elle le peut sans s'accabler elle-même. Une telle règle correspond parfaitement à l'état spirituel que la Bible appelle pauvreté.
En effet, le pauvre, si l'on entend précisément la pauvreté comme un état spirituel, ne considère rien en ce monde comme sien. Il ne pense pas avoir droit à tel ou tel bien, à une position sociale, ni même aux talents et aux capacités qu'il possède. Le pauvre considère que tout cela lui a été confié pour qu'il en use, et non comme propriété ou possession. S'il en est ainsi, il ne lui faut de toutes ces choses que la quantité exacte qui permet à sa vie de se dérouler librement et pleinement, sans être entravée par le manque du nécessaire ni alourdie par l'excès du superflu.
Puisque Paul considère l'Église comme le Corps du Christ, la vie des communautés ecclésiales doit suivre le même principe et obéir à la même logique. Si un certain excédent de biens matériels s'est constitué dans l'une d'elles, cela signifie très probablement qu'une autre communauté, ou d'autres communautés, manquent de ces mêmes biens matériels. Il reste seulement à comprendre où et comment redistribuer l'excédent afin que tous aient assez pour mener une vie normale.
Et cela se produit tout naturellement, aussi naturellement que s'édifie la vie spirituelle des chrétiens dans le Royaume, dont l'Église est la manifestation sur terre. L'apôtre ne juge manifestement pas nécessaire de troubler le cours de ce processus naturel en créant, par exemple, des structures particulières spécialement consacrées à l'entraide matérielle au sein de l'Église. Il sait par sa propre expérience que le souffle du Royaume souffle où il veut et comme il veut. L'essentiel est de ne pas l'entraver et de le suivre.
