RÉFLEXIONS pour Dt 34:1-12
Le dernier chapitre du Deutéronome raconte la mort de Moïse, la mort du guide qui vit de loin la terre vers laquelle il marchait lui-même et conduisait son peuple, mais dans laquelle il ne lui fut pas donné d'entrer. Étrange ? À première vue, oui. Mais d'un autre côté, ce n'est pas Moïse qui conduit son peuple vers la terre promise par Dieu, c'est Dieu qui y conduit à la fois le peuple et Moïse lui-même. Alors pourquoi même le prophète ne pouvait-il pas entrer là où tous les autres sont entrés ?
Oui, bien des choses se sont produites en chemin, et même Moïse, l'homme de Dieu, a parfois fait des choses que Dieu désapprouvait. Pourtant, si l'on compare à cet égard Moïse et tous les autres, ces derniers n'avaient certainement rien à faire sur la terre de Dieu. Moïse, lui, demeurait un homme de Dieu, tandis qu'on ne pouvait pas en dire autant de la plupart de ceux qui constituaient le peuple de Dieu. Si Moïse ne méritait pas de poser le pied sur la terre que Dieu avait destinée à Son peuple, qui le méritait donc ?
Or, en réalité, les choses ne sont pas aussi simples. La terre n'est pas seulement une récompense pour une bonne conduite ou des qualités spirituelles. Y demeurer est en soi un processus spirituel. Cela exige un état bien déterminé, qui corresponde à la qualité de la terre telle que Dieu l'a conçue. Dieu ne conduit pas simplement le peuple là où Il veut l'installer, Il le conduit au lieu de la rencontre avec Lui. Il le conduit pour que commence là une vie nouvelle, une vie dans la présence de Dieu, et pour travailler avec Son peuple, afin d'en faire ce peuple-communauté qu'Il avait conçu dès le commencement.
Il ne peut y avoir ici de mesure unique et universelle. Tout dépend des possibilités de la personne, de son potentiel spirituel. En effet, suivre Dieu suppose que se déploient les possibilités qu'Il a données à celui qui marche à Sa suite. C'est un processus à la fois divin et humain, et chacun a sa propre plénitude de vie avec Dieu, comme son propre chemin vers elle. C'est pourquoi il était demandé à Moïse bien davantage qu'à n'importe quel autre membre du peuple.
Il ne s'agit pas ici de punition, mais du lieu précis où Moïse devait acquérir cette plénitude d'existence terrestre qui devait achever son parcours terrestre, comme devrait normalement s'achever le parcours terrestre de tout homme. Dieu a décidé d'achever le chemin de Moïse au seuil de la terre qu'Il avait promise à Son peuple. C'était Sa décision, et il n'y a guère lieu d'en mettre en doute la sagesse, pas plus que Moïse lui-même n'en doutait.
