RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mt 20:1-16

La lecture d'aujourd'hui est presque entièrement consacrée aux paraboles du Royaume. Elle commence par le récit d'une guérison le jour du sabbat (v. 1–6), manifestation du Royaume qui, comme cela s'est déjà produit plus d'une fois, déconcerte les personnes religieuses qui ne voient dans la guérison qu'un travail, une activité qui viole le repos du sabbat. Viennent ensuite deux paraboles à propos du Royaume, entrecoupées d'enseignements du Sauveur.

À première vue, l'une d'elles nous enseigne seulement l'humilité (v. 7–11). Mais il ne s'agit pas simplement de dire que ceux qui cherchent le Royaume ne doivent pas aspirer à la première place. Bien sûr, le désir d'occuper cette place peut en lui-même nous détourner de la tâche principale. Pourtant, il ne s'agit pas seulement d'une rivalité inutile, qui n'a absolument aucune pertinence pour le Royaume, car le principe de répartition des places dans notre monde encore non transfiguré diffère radicalement de celui qui y est admis. Il s'agit de la nature même du Royaume : chacun y est grand non par sa propre grandeur, mais par celle du Royaume, qui se manifeste d'autant plus en une personne qu'elle pense moins à son propre statut.

Le sens de la deuxième parabole est lié à cela (v. 12–14). Bien sûr, le désintéressement est important en lui-même : celui qui choisit ses fréquentations uniquement en fonction de son intérêt n'est manifestement pas prêt à entrer dans le Royaume. Mais autre chose n'est pas moins important : la communion, tout comme la relation, ne doit être conditionnée par rien d'extérieur, et ce n'est qu'alors qu'elle pourra devenir une partie du Royaume. Une relation a une valeur en elle-même, et c'est précisément cette valeur propre qui doit occuper la première place. Lorsqu'il s'agit des relations avec Dieu, cela n'est généralement pas contesté ; mais lorsqu'il est question des relations avec les hommes, le pragmatisme prend souvent le dessus. Jésus avertit cependant que cela ne doit pas être ainsi, que la relation avec le prochain est aussi importante que la relation avec Dieu et qu'elle doit être bâtie sur les mêmes fondements.

Mais il faut être prêt à de telles relations, aux relations du Royaume, et tel est le thème de la troisième parabole de Jésus, celle du festin de noces (v. 15–24). La liberté à l'égard du pragmatisme et de l'absorption dans les affaires et les soucis terrestres devient ici le thème central. De toute évidence, les invités sont empêchés de venir au festin par des affaires assurément importantes et, du point de vue de notre monde, tout à fait dignes d'attention. Mais pour ceux qui cherchent le Royaume, aucune affaire ne doit être plus importante que l'appel de Celui Qui l'a apporté dans le monde. Il semblerait qu'il ne s'agisse pas de choses qui retiennent longtemps une personne : chacun des invités aurait pu arriver au festin et n'aurait eu qu'à tarder un peu. Mais c'est justement là l'essentiel : le chemin vers le Royaume ne tolère ni retards ni ajournements. Il faut partir au moment où l'on est appelé, et toute la vie doit être subordonnée à cette disponibilité. On peut passer sa vie entière à attendre le Royaume et à s'y préparer, mais le fait de ne pas être prêt à faire le pas décisif au moment voulu peut facilement réduire à néant toutes les attentes et toute la préparation antérieure.

Il est très difficile de vivre ainsi, et ce n'est pas un hasard si Jésus invite Ses auditeurs à tout examiner et à décider s'ils y sont prêts (v. 28–33). Mais pour ceux qui sont prêts, la récompense est le Royaume dans toute sa plénitude.