RÉFLEXIONS pour Mt 19:23-30
Il peut nous sembler tout à fait logique d'étendre à tous les éléments d'un ensemble un jugement porté sur l'un d'eux. Par exemple, il serait parfaitement raisonnable de remarquer que Dieu est plus sage et plus miséricordieux que Vassia, plus sage et plus miséricordieux que Petia, et qu'il en va donc de même pour Kolia. Et il semblerait tout naturel que, si l'on peut comparer l'amour envers Dieu et, par exemple, celui envers ses parents, on puisse placer les époux dans la même série. On pourrait poursuivre ainsi la pensée du Christ au verset 37 : « Celui qui aime son mari (sa femme) plus que Moi n'est pas digne de Moi. » Pourtant, le Seigneur n'a pas dit cela ! Il a dit exactement ce qu'Il a dit. Ce point est important pour comprendre comment notre Dieu considère le mariage. Il ne compare pas l'amour des époux à l'amour envers Lui-même parce que, pour parler en termes mathématiques, ces cas sont « incomparables ».
Dès le livre de la Genèse, le Seigneur a clairement montré que le mariage constitue pour Lui un cas tout à fait particulier : « et les deux deviendront une seule chair » (Gn 2:24). Dans le mariage — cette « co-création » humaine avec Dieu, création de quelque chose de nouveau à partir de ce que le Seigneur a créé — Son commandement de l'amour du prochain peut être réalisé de la manière la plus complète. Le conjoint est la personne dont l'amour sacrificiel nous permet de comprendre au mieux comment Dieu nous aime et comment nous sommes appelés à L'aimer. En aimant notre conjoint, nous pouvons manifester ainsi notre amour pour Dieu ; on peut même dire que nous aimons Dieu « en » et « à travers » une autre personne.
Le Christ ne nous appelle nullement à renoncer à ces relations. Même les paroles prononcées plus loin dans la lecture d'aujourd'hui ne les contredisent pas : « Quiconque aura quitté (...) sa femme à cause de Mon nom recevra le centuple et héritera de la vie éternelle » (Mt 19:29). C'est en effet, premièrement, la promesse du Seigneur de nous rendre ce qui nous est dû pour nos souffrances et nos privations et, deuxièmement, l'indication que, même si l'amour du conjoint est très précieux à Ses yeux, Dieu Lui-même reste plus important.
