RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Ez 8:1-10:22

Chaque fois qu'une prophétie dénonce les penchants païens des pécheurs, surtout lorsqu'ils sont montrés avec autant de détails et de précision que dans la révélation faite à Ézéchiel, il est difficile de se défaire de l'impression que ces reproches ne concernent pas seulement les Juifs de l'Ancien Testament. De nos jours encore, alors que l'on entend partout parler de « renaissance des valeurs religieuses traditionnelles », les journaux sont remplis d'annonces publicitaires pour d'innombrables sorciers et devins. Cela signifie qu'il existe une demande pour leurs services, et pourtant ce ne sont là que des vétilles et la partie visible de l'iceberg... Il nous faut rappeler encore et encore (à nous-mêmes en premier lieu) que le paganisme ne consiste pas nécessairement en une adhésion théorique à Astarté ou à Svarog, mais qu'il s'enracine dans un mode de vie qui juge raisonnable et nécessaire de satisfaire les penchants pécheurs. Le péché est mortel en lui-même : il conduit à la mort même lorsqu'il semble rester impuni. Ainsi, le tableau de l'extermination des impies n'est pas une intimidation, mais un avertissement imagé du danger qui naît au-dedans des hommes eux-mêmes.

Or, au milieu de tout ce qui arrive, nous entendons l'ordre de tracer un signe sur le front de ceux qui s'affligent et gémissent à cause de toutes les abominations. Le sens de ces paroles n'apparaît pas immédiatement, mais elles renferment une espérance, et pas seulement pour ceux qui vécurent il y a de nombreux siècles au milieu des impies. Ce que la traduction synodale nomme de manière neutre un « signe » se dit dans l'original « taw », une lettre qui, dans l'Antiquité, avait la forme d'une croix. Nous avons devant nous l'une des préfigurations prophétiques de ce qui apportera le salut à tous ceux qui ne veulent pas être esclaves du péché.