RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1Co 15:13-14

Pour Paul, la résurrection du Christ d'entre les morts est la pierre angulaire de tout le christianisme. D'ailleurs, le christianisme a toujours reposé précisément sur la foi en la résurrection de chaque personne d'entre les morts, ainsi que sur la conviction que la résurrection du Sauveur avait inauguré ce processus. Et il ne s'agit pas seulement du fait que, sans vie après la mort, la vie terrestre d'une personne se révèle en grande partie dépourvue de sens.

Dans l'Antiquité, la croyance en l'immortalité de l'âme et en la rétribution après la mort était propre aux Égyptiens, en partie aux Grecs, ainsi qu'à certains autres peuples. Mais la Bible parle d'autre chose. Il ne s'agit pas ici du fait qu'une partie de la personne humaine, fût-elle la plus importante, subsiste après la mort et que la personne continue ainsi à vivre, en gardant mémoire et conscience d'elle-même. La Bible parle de davantage : elle parle de la résurrection, du retour à la vie de la personne tout entière, et d'une vie pleine, non de la vie partielle et limitée que serait inévitablement celle de l'âme seule. Car, malgré toute son importance, l'âme n'est qu'une partie de la personne humaine, et non la personne dans son intégralité.

Mais pour que la résurrection de l'être humain devienne possible, le monde devait changer. La mort et le mal qui l'avait engendrée devaient être chassés du monde dans lequel ils étaient entrés après la Chute. Le monde devait redevenir le Royaume de Dieu, tel qu'il avait déjà été au premier jour de la création : en ce premier jour, il n'y avait dans le monde ni ténèbres ni mal ; il était entièrement pénétré par la lumière de la présence de Dieu, qui faisait de lui le Royaume du Dieu vivant et parfaitement réel. C'est précisément ainsi que Dieu veut voir le monde, et il ne se contente de rien de moins. Selon son dessein, l'être humain doit devenir un habitant de ce monde et y acquérir une plénitude de vie inconcevable aujourd'hui.

La résurrection du Christ d'entre les morts est devenue le centre de ce processus. Le salut de l'être humain consiste à prendre part à la résurrection universelle ; autrement, il lui faudra renoncer au Royaume. L'apôtre comprend parfaitement tout cela et ne se lasse pas de le rappeler aux autres, car rester à l'écart de ce qui se passe signifie tout perdre. Le christianisme perd alors lui aussi tout son sens, se transformant en religion, en enseignement—bref, en quelque chose qui ne peut, par lui-même, faire participer à la vie du Royaume. Et vivre de discours sur un Royaume vers lequel on ne marche pas signifie véritablement être le plus malheureux des êtres humains.