RÉFLEXIONS pour Mt 21:18-22
Beaucoup de lecteurs de ces lignes de l'Évangile prennent le figuier en pitié, car on ne comprend absolument pas pourquoi il a fallu le dessécher. Il est vrai que ceux qui s'en étonnent ne prêtent pas attention aux nombreuses branches jetées la veille sous les pieds de l'âne sur lequel Jésus entrait à Jérusalem. Cette masse de verdure, destinée à sécher, dépassait certainement celle du figuier. Et nous ne parlerons même pas des arbres abattus chaque jour pour servir de bois de chauffage.
Néanmoins, de tels raisonnements ne suppriment évidemment pas la question : que signifie ce qui est arrivé au figuier ? Et comment comprendre les paroles adressées aux disciples, selon lesquelles ils pourront faire de même ? Faut-il vraiment y voir un appel à punir ceux qui leur déplaisent ? Une telle compréhension superficielle contredirait tous les autres épisodes évangéliques. Ailleurs dans l'Évangile (Lc 13:6-9), une parabole parle d'un figuier dont le vigneron prend soin jusqu'au bout. Ici aussi, nous avons devant nous une parabole visible. En effet, nous sommes tous appelés à porter du fruit et, si ce figuier est condamné, ce n'est pas parce qu'il est incapable d'en porter, mais parce que toutes les possibilités de le corriger sont épuisées. Remarquons que Jésus ne prononce pas de paroles de condamnation sous le coup de la colère. Il ne profère pas de malédiction, mais parle calmement de la réalité.
Le figuier stérile est l'image de ce que nous sommes capables de nous préparer nous-mêmes si nous ne partageons pas ce que le Seigneur nous a donné. Car si nous ne voulons nourrir personne ni servir celui qui a besoin de nous, nous nous desséchons nous-mêmes, ayant refusé de puiser les forces vivifiantes auprès de Celui qui nous donne d'autant plus que nous donnons davantage aux autres.
