RÉFLEXIONS pour Jn 14:15-31
En parlant à ses disciples de son chemin et de son ministère, Jésus mentionne un « Paraclet » que le Père leur enverra et dont Jésus lui-même dit que le monde ne peut ni le voir ni le connaître (v. 16-17). Ce « Paraclet », que Jésus appelle aussi « l'Esprit Saint » (v. 26) et « l'Esprit de vérité » (v. 17), rappellera en son temps aux apôtres tout ce qu'ils entendent maintenant de leur Maître (v. 25-26). La mention de l'esprit, ou du souffle, de Dieu — le mot grec correspondant, comme son équivalent hébreu, peut signifier l'un et l'autre — dans le contexte du récit sur le Royaume n'est évidemment pas fortuite. Les prophètes de l'Ancien Testament ont été les premiers à parler de l'esprit, ou du souffle, de Dieu. Pour eux, l'esprit n'était pas un concept théologique ou philosophique abstrait, mais une partie de l'expérience vivante de la communion avec Dieu; ils sentaient réellement Dieu respirer dans leur cœur.
Mais Jésus veut manifestement dire quelque chose de plus. Il parle de l'esprit comme d'une réalité à l'échelle universelle, cosmique, qui demeure cependant cachée au monde, car elle appartient à un autre ordre que notre monde encore non transfiguré. Le souffle de Dieu unit tous ceux qui demeurent dans le Royaume, faisant d'eux un seul tout: le Père, Jésus lui-même, les apôtres et tous ceux qui entreront dans le Royaume par leurs prières et sous l'action de leur prédication. Si autrefois seuls quelques hommes ressentaient le souffle de Dieu à des moments particuliers et exceptionnels de leur vie, il se révèle désormais à chacun de ceux qui demeurent dans le Royaume. Rien d'étonnant: le souffle de Dieu pénètre le Royaume, lui donne la vie et lui donne la force d'agir sur le monde en le transfigurant. Grâce à lui, il n'y a pas de distances dans le Royaume: seules la qualité des relations et l'intensité de l'amour déterminent la proximité mutuelle.
Jusqu'ici, les apôtres n'avaient vu le Royaume que grâce à Jésus: ils le regardaient, et par lui la puissance de Dieu se révélait à eux. Maintenant, ils devaient entrer à l'intérieur et voir du dedans ce qu'ils n'avaient auparavant vu que du dehors. Le temps approchait où Jésus deviendrait invisible au monde, qui n'est capable de voir que ce qui n'est pas encore transfiguré. Les apôtres eux-mêmes ne le verraient donc plus de leurs yeux physiques; mais, entrés dans le Royaume, ils l'y trouveraient, le voyant non plus des yeux, mais du cœur (v. 19-20). Ce n'est pas un hasard si Jésus parle d'une paix que le monde non transfiguré ne connaît pas (v. 27): la paix et l'harmonie véritables ne sont possibles que dans le Royaume pénétré par le souffle de Dieu et uni par les liens de l'amour. Jésus appelle encore et encore les apôtres dans ce Royaume afin que, devenus une partie de celui-ci, ils puissent le porter dans le monde qui a tant besoin de transfiguration et de sanctification.
