RÉFLEXIONS pour 1Co 8:2-3
À partir du texte grec, les paroles de Paul peuvent être comprises de deux manières: ou bien l'homme sûr de son savoir ne sait en réalité rien comme il faut, ou bien toutes les connaissances d'un tel connaisseur, quoi et combien qu'il sache, ne valent rien en comparaison de la connaissance authentique dont il n'a même pas idée. Au fond, l'apôtre revient ici de nouveau à ce thème de la pauvreté qu'il a déjà abordé plus d'une fois dans son épître aux chrétiens de Corinthe. Et aussi au thème de la « folie pour le Christ », ou plus exactement de ce que ce monde considère comme folie en regardant les chrétiens et leur vie. Car cette pauvreté dont Paul parle à la suite de Jésus lui-même, et dont, bien avant, des siècles avant la venue du Christ, parlait déjà l'un des grands prophètes d'Israël, Isaïe de Jérusalem, suppose une attitude correspondante non seulement envers les biens ou le statut social, mais aussi envers les connaissances, la religiosité, la piété et même ses propres « réalisations » ascétiques.
Pour le pauvre de Dieu, rien de ce qui vient d'être énuméré n'a de valeur autonome, y compris la connaissance, et non seulement la connaissance théorique, spéculative, mais même l'expérience mystique, qui ouvre à première vue bien davantage que toute spéculation. Le pauvre de Dieu comprend parfaitement que tout cela en soi, y compris les connaissances et même l'expérience mystique, ne le rapproche pas de Dieu. Or être en présence de Dieu est l'unique chose qui, dans la vie spirituelle, ait sens et importance, et qui ne dépende pas de l'homme. L'homme peut seulement demander une telle proximité et y tendre, mais il ne peut ni l'atteindre ni la mériter par ses propres forces de sorte qu'elle lui appartienne de droit ou par mérite.
S'il en est ainsi, toute connaissance humaine comme telle ne vaut rien, et l'homme qui pense savoir quelque chose, premièrement, ne comprend pas ce qui est principal et véritable dans la vie spirituelle, et deuxièmement, se trompe en prenant pour réel ce qui ne l'est pas, la seconde chose étant généralement la conséquence de la première. C'est ce rappel de l'égarement spirituel que fait l'apôtre, le considérant comme assez dangereux: car il crée l'illusion d'une vie spirituelle et d'un chemin spirituel là où, en réalité, il n'y a ni l'une ni l'autre.
