RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Jn 12:36-47

L'évangéliste décrit de manière tout à fait exhaustive les raisons de l'incrédulité envers Jésus. Il divise tous les incroyants en deux catégories: ceux qui ne veulent pas voir la vérité et ceux qui ont simplement peur. Le second cas est plus ou moins compréhensible: de tout temps la peur et la lâcheté ont été parmi les principaux obstacles sur le chemin de la justice, empêchant ceux qui marchent ou désirent marcher sur ce chemin de prendre les bonnes décisions. La situation est plus complexe pour la première catégorie. Il est sans doute difficile d'imaginer un homme qui, dans la vie ordinaire, s'aveugle volontairement ou ferme simplement les yeux afin de remplacer par des fantasmes la réalité qui l'entoure et qu'il ne voit plus. Cela se comprend: dans la vie quotidienne, les conséquences d'un tel acte peuvent être des plus inattendues et désagréables. Mais dans la vie spirituelle, beaucoup font apparemment ce choix, et assez souvent, bien que les conséquences n'y soient guère moins sérieuses. Pourquoi donc?

Le philosophe athénien Socrate, qui vécut cinq siècles avant la naissance du Christ, semble avoir déjà compris la raison d'un tel comportement. Il disait que les hommes prennent souvent un petit bien pour un grand et un grand mal pour un petit — et inversement — simplement parce que ce qui est grand paraît plus petit à distance qu'il ne l'est réellement. Cela vaut pour la vie spirituelle autant que pour la vie quotidienne.

Renoncer à des opinions confortables et familières, à une vision du monde bien établie, surtout religieuse, est à tout le moins inconfortable. Le jour du Jugement paraît si lointain, si petit devant cet inconfort, que... l'on n'en tient pas compte, peut-être dans l'espoir que, d'ici là, les choses s'arrangeront d'une façon ou d'une autre, se mettront en ordre et se résoudront d'elles-mêmes, et que nous entrerons tout de même dans le Royaume à peu de frais, sans sacrifices ni pertes particulières.

Quant à ceux qui, comme on dit, tiennent beaucoup trop à s'en mêler, mieux vaut s'en débarrasser. De toute façon, on ne vivra pas tranquille avec eux. La manière de s'en débarrasser n'est qu'une question technique.