RÉFLEXIONS pour Mt 22:29-30
Au cours de son ministère terrestre, on posa plus d'une fois à Jésus des questions pièges et on lui proposa des problèmes d'ingéniosité tirés des manuels de théologie existant alors. Il existait bien sûr des réponses traditionnelles à ces questions pièges, autre question de savoir à quel point elles étaient convaincantes. Mais Jésus utilise même celles-ci pour témoigner du Royaume. Il en fut ainsi avec la question qui lui fut posée au sujet de la femme qui avait été mariée plusieurs fois, où il s'agit probablement de la coutume du lévirat. Cet exemple, manifestement, était utilisé par les sadducéens, et d'abord, évidemment, par les représentants du sacerdoce du Temple, pour réfuter la possibilité de la résurrection universelle, à laquelle croyait la Synagogue, et en premier lieu bien sûr les pharisiens.
Il n'est pas difficile de voir que le principal malentendu ici n'est pas lié à des subtilités théologiques, mais à une compréhension fausse du Royaume et de sa nature. Et Jésus, sans entrer dans des raisonnements abstraits, attire l'attention de ses interlocuteurs précisément sur ce point. Il leur dit directement: vous ne comprenez ni les Écritures, ni la manière dont Dieu agit dans le monde. Et il ajoute: dans le Royaume de Dieu, on ne se marie pas et on ne donne pas en mariage, mais on demeure comme des anges dans les cieux.
La réponse est remarquable. Il ne reste qu'à comprendre comment exactement les anges « demeurent dans les cieux ». Mais ici, Jésus ne donne manifestement à ses interlocuteurs aucune explication supplémentaire. Une seule chose est claire: cela ne ressemble pas au mode de vie dans le monde non transformé. Et l'essentiel n'est pas de tenter de comprendre quelles sont les relations conjugales dans le Royaume. L'essentiel est de comprendre que cela ne ressemble à rien de ce qui se passe dans notre monde, et de ne pas essayer d'extrapoler au Royaume les lois terrestres.
Or, à en juger par la question posée à Jésus, de telles extrapolations étaient monnaie courante dans la théologie juive de l'époque. Jésus, manifestement, propose à ses interlocuteurs de se détacher des clichés auxquels ils sont habitués. Et cela, non pas tant pour eux-mêmes, car ils ne posaient la question que pour le « coincer », que pour les auditeurs, puisque la conversation était publique. Il fallait leur faire comprendre que le Royaume est en réalité tout autre. Du moins à ceux d'entre eux qui peuvent et veulent entendre.
