RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mi 7:18-20

Les prophètes ont beaucoup parlé des péchés et des crimes du peuple de Dieu. Mais leurs paroles ne contenaient pas seulement une dénonciation: l'espérance y était toujours présente. L'époque de Michée, contemporain plus jeune d'Isaïe de Jérusalem, était spirituellement fort ambiguë. Le roi Ézéchias, qui régnait alors en Juda, fit beaucoup pour combattre les cultes païens, interdisant le culte public des dieux païens dans son pays. Le yahvisme devint populaire, et la prédication de Michée, comme celle d'Isaïe, y contribua beaucoup.

Mais il se révéla bien plus facile de détruire les autels et les sanctuaires païens que de changer des hommes dont les âmes et les cœurs demeuraient en grande partie les mêmes. Les péchés aussi demeuraient les mêmes. Pour l'immense majorité des nouveaux croyants, le yahvisme se réduisait à de somptueuses cérémonies religieuses et à de joyeuses fêtes; on pensait rarement et à contrecœur à l'observation des commandements donnés par Dieu, à la Torah. L'essor religieux ne signifiait nullement de rapides changements spirituels dans la société. Les anciens péchés ne lâchaient pas les hommes; ce qui était devenu une habitude se surmontait lentement et difficilement, même lorsque les hommes désiraient sincèrement devenir autres.

On voit ici ce dont parlent souvent les livres sacerdotaux du Pentateuque: les conséquences d'un péché commis consciemment pèsent sur l'homme malgré son repentir, tout comme elles pèsent sur un peuple lorsque le péché est celui de toute la nation. Il fut alors révélé au prophète que la situation ne pouvait être changée que par un effort spirituel particulier, commun et volontaire de Dieu et de son peuple. Michée ne dit rien des épreuves qui attendent le peuple, comme le fait Isaïe de Jérusalem, mais il comprend qu'il ne sera plus possible de surmonter les conséquences des péchés commis par le peuple sans un bouleversement, peut-être catastrophique. Pourtant, le prophète comprend aussi autre chose: Dieu n'a pas besoin de catastrophes pour elles-mêmes. Il veut seulement donner à son peuple la possibilité de recommencer son histoire sur une page blanche, et pour cela le peuple lui-même doit devenir cette page blanche. Tous les bouleversements historiques ne sont finalement nécessaires que pour cela — et pour que, dans cette histoire nouvelle, le peuple renouvelé sache accueillir le Messie que Dieu lui a promis.