RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ez 19:1-14

La lamentation sur le peuple élu, que le prophète Ézéchiel revêt au chapitre 19 de la forme d'une parabole particulière, est très importante, si l'on peut dire, dans le contexte émotionnel de son livre. Pendant presque toute la première moitié de celui-ci, le prophète rapporte les paroles du Tout-Puissant, qui dénonce le péché avec amertume et douleur, appelle à la correction et annonce les malheurs. Et si tu ne le connais pas assez bien, tu peux entendre dans ces paroles des nuances de vengeance, voire d'une étrange cruauté. Il n'y a rien de tel: c'est simplement que nous ne savons pas toujours percevoir l'essence des paroles prophétiques. Et cette lamentation remet tout à sa place.

Il est difficile de dire avec certitude si cette lamentation retentit au nom de Jérusalem, affligée de ses péchés, ou au nom de Dieu, qui pleure sur ces mêmes péchés. Mais l'important est autre chose: au chapitre précédent, le Seigneur dit directement qu'il ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il vive. Et la lamentation est ici nécessaire pour que nous comprenions ceci: la perte de l'homme dans ses propres péchés n'est pas le triomphe de la justice suprême, mais une tragédie. Une tragédie pour nous et, ce qui est le plus important, pour Dieu lui-même. Pour notre salut, il accomplira lui-même une œuvre grande et incompréhensible, et il pleurera sur Jérusalem, parce que « mon cœur s'est retourné en moi de pitié pour toi, mon peuple ».

Il nous arrive de penser que de tels « sentiments », comme la douleur, ne peuvent pas appartenir à Dieu. C'est difficile à imaginer. Mais la lamentation d'Ézéchiel témoigne que cette compassion et cette douleur sont précisément les manifestations authentiques de son amour.