RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mt 12:22-30

Manifestement, la tâche principale, sinon de tous, du moins de nombreux représentants de la fraternité pharisienne, fut d'expliquer les miracles et les guérisons accomplis par Jésus de manière à ne pas le reconnaître comme le véritable Serviteur de Dieu. Tout fut utilisé, y compris des explications déjà tout à fait absurdes, comme si Jésus, en guérissant, recourait à l'aide de certaines forces obscures. Il n'était pas difficile à Jésus de répondre à de telles accusations en soulignant leur absurdité manifeste. Mais le problème, bien sûr, n'était pas les accusations en tant que telles. Le problème était la position des accusateurs, et Jésus, naturellement, le comprenait parfaitement. Ce n'est pas par hasard qu'il a dit: « Celui qui ne rassemble pas avec moi disperse ».

Il s'agissait en substance non d'accusations concrètes, mais du Royaume. Jésus dit directement à ses accusateurs: si j'expulse les esprits impurs par la force du souffle de Dieu, cela signifie que le Royaume vous a atteints, et maintenant votre destinée ultérieure ne dépend que de vous; il ne sera pas possible de rester neutres ici. Le moment du choix est venu, celui que certains philosophes contemporains appellent existentiel: on ne peut pas l'éviter, il déterminera toute la vie ultérieure de l'homme. Il n'y a qu'un seul Messie, et un seul Royaume.

Ce n'est pas une question théologique ou religieuse, ni même une question de vision du monde, mais une question spirituelle et pratique. On peut accueillir le Royaume et vivre de sa vie, mais alors il faut aussi accueillir Celui qui l'a apporté dans le monde, sans déterminer la possibilité de cet accueil ou de ce refus par des critères religieux ou théologiques. Tout est simple: il suffit de regarder si le Royaume est ici ou non. Et s'il est ici, de l'accueillir comme un fait, sans essayer de le faire entrer dans aucun cadre existant. Alors la vie de ceux qui l'accueillent devient une partie du Royaume: ils « rassemblent avec Jésus ».

Mais si, malgré tout, l'homme rejette le Royaume, ce rejet devient le choix qui détermine sa vie, et non une simple position théologique ou religieuse qu'il aurait adoptée. Alors le Royaume n'est pas pour lui, et lui n'est pas pour le Royaume. Et alors, selon les paroles du Sauveur, « celui qui ne rassemble pas avec moi disperse ».