RÉFLEXIONS pour Os 6:1-11
La lecture d'aujourd'hui poursuit le thème du jugement de Dieu. Elle commence par la mention du retour vers Dieu de ceux qui auparavant ne pensaient pas à lui et étaient prêts à s'appuyer sur n'importe quoi sauf sur lui (v. 1-3). Mais à l'épreuve, ce retour, comme on le voit, se révélait assez superficiel (v. 3-5). En principe, la situation décrite peut être considérée comme typique: beaucoup se souviennent de Dieu seulement lorsqu'il devient clair pour eux que plus personne et plus rien n'est capable de les aider. Et lorsque l'aide est reçue, ils oublient tout aussi facilement Dieu, dans l'espoir de ne plus jamais devoir se retrouver dans une telle situation, en pensant qu'il leur est arrivé quelque chose d'exceptionnel, quelque chose qui arrive à un homme une fois dans sa vie, et encore pas à chacun, mais seulement à ceux qui ont vraiment joué de malchance.
Mais d'ordinaire une telle attitude envers Dieu est propre aux incroyants ou à ceux qui ne réfléchissent pas à Dieu, ceux qui, aux jours de prospérité, se souviendront à peine de lui. Or, dans la prédication d'Osée, il est question de croyants, ou en tout cas de ceux qui se considéraient comme tels. Eux, en tout cas, n'auraient en aucune manière dû oublier Dieu; ils n'auraient pas dû attendre une situation critique pour se souvenir de lui.
Pourquoi donc ces personnes religieuses se comportent-elles en pratique de la même façon que des incroyants? La réponse à cette question peut se trouver dans le rappel que fait le prophète des priorités de la vie spirituelle (v. 6). Osée, bien entendu, ne s'oppose pas ici au sacrifice en tant que tel. Il rappelle seulement que s'il n'y a pas de miséricorde, au sens vaste dans lequel le prophète emploie le mot hébreu correspondant, le sacrifice perd son sens spirituel. Car, à l'origine, le sacrifice n'était rien d'autre qu'une forme de communion avec Dieu, un repas commun de Dieu et des hommes, impossible sans la miséricorde, et donc sans la plénitude de la confiance envers le Très-Haut. Or la vie spirituelle suppose précisément avant tout une relation, qu'il s'agisse de la relation de l'homme avec Dieu ou avec le prochain. Si la confiance envers Dieu manque, le sacrifice cesse d'être un événement spirituel et devient seulement une obligation religieuse que l'on peut accomplir de manière purement mécanique, comme toute obligation religieuse.
Bien plus, compris ainsi, le sacrifice se transformait facilement en une sorte de tribut que le peuple payait à Dieu, en attendant en échange quelque chose qu'il lui semblait désormais avoir le droit d'exiger conformément au contrat conclu, et d'abord, bien sûr, le bien-être terrestre. Et lorsque celui-ci disparaissait, l'intérêt pour Dieu disparaissait avec lui, pour ce Dieu qui ne pouvait pas ou ne voulait pas garantir un tel bien-être. Alors commençaient les recherches de quelque chose ou de quelqu'un qui pourrait garantir ce bien-être indépendamment de Dieu, sur qui, aux yeux de ceux qui cherchaient, il n'était pas possible de compter. Ainsi, la méfiance envers Dieu détruit la relation avec lui et entraîne l'homme d'abord vers le formalisme religieux, puis vers un paganisme ouvert.
