RÉFLEXIONS pour Jr 42:1-43:13
On pourrait croire que commence le repentir du reste survivant du peuple: ses chefs ont recours à Jérémie comme au prophète par qui l'on peut connaître la volonté de Dieu. Mais la foi de ceux qui s'adressent à Jérémie est faible, comme en témoigne leur demande même: « Prie pour nous le Seigneur ton Dieu ». Le prophète, en leur répondant, dit: « Je prierai le Seigneur votre Dieu », rappelant ainsi au bon moment à ces hommes qu'entre eux et le Seigneur, qu'ils ont renié plus d'une fois, il existe toujours une alliance, et qu'il ne rejette pas définitivement ses enfants égarés.
Ce jour-là, le peuple entendit la parole prophétique disant qu'il ne fallait pas craindre le roi de Babylone. Et ce n'était pas du tout parce qu'il serait miséricordieux ou juste: le prophète ne l'affirme pas, connaissant le véritable caractère de Nabuchodonosor et de son pouvoir. Mais le Seigneur garde son peuple et est prêt à le protéger des dangers les plus graves; l'essentiel est que les hommes eux-mêmes n'affaiblissent pas leur unité avec lui. Pourtant il apparut que, cette fois encore, le recours des chefs du peuple au Seigneur fut de courte durée: ils s'apprêtent à faire précisément ce contre quoi il les avait mis en garde.
À première vue, c'est une histoire ordinaire: il est très souvent difficile aux hommes d'accepter quelque chose qui contredit les arguments du « bon sens », faux, mais situés à la surface. Pourtant nous voyons ici une nouvelle chute et une manifestation d'infidélité: ceux qui partent en Égypte avaient d'abord accepté d'obéir à ce qui serait annoncé par le prophète, mais ils ont aussitôt oublié leur promesse avec facilité.
