RÉFLEXIONS pour Mt 27:1-26
Dans sa description du procès de Jésus, l'évangéliste montre qu'il n'est pas un homme ordinaire: l'attitude des hommes envers lui touche toujours le cœur même de leur être. La trahison de Judas finit par devenir une trahison de lui-même: ayant désespéré de Jésus, il périt de son propre désespoir et de son incapacité à croire au pardon. Le jugement de Pilate sur Jésus devient finalement un jugement sur Pilate lui-même; son nom n'est plus associé, peut-être, qu'à cet unique épisode de sa biographie. Dans les cris des Juifs, « Que son sang soit sur nous... », l'évangéliste voit peut-être le présage de la ruine de Jérusalem pendant la guerre juive des années 70 du Ier siècle et des souffrances à venir de ses compatriotes.
Historiquement, les chrétiens ont souvent utilisé ces épisodes pour déplacer la responsabilité de la mort du Christ sur quelqu'un d'autre, par exemple en essayant de justifier l'antisémitisme par l'idée que les Juifs seraient maudits pour le « déicide », ou en faisant de Judas l'image du porteur absolu du mal universel, jusqu'à d'autres absurdités encore. Mais dans leur recherche d'un ennemi, ils passaient et passent encore à côté de Jésus lui-même, dont la rencontre accomplit déjà par elle-même le jugement, la mort et la vie...
